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	<title>FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</title>
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	<description>Simplifiez-vous le social et le médico-social</description>
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	<title>FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</title>
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	<item>
		<title>« Puisque les personnes utilisent l’IA et les professionnels aussi, il faut l’affronter »</title>
		<link>https://firdis.com/puisque-les-personnes-utilisent-lia-et-les-professionnels-aussi-il-faut-laffronter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 15:25:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité sociale et médico-sociale sélectionnée par FIRDIS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans Le Média Social le 7 juillet 2026 Lors d&#8217;un webinaire organisé par l&#8217;Observatoire social de la Ville de Paris, Yann Ferguson, directeur scientifique du LaborIA, a précisé les usages possibles de l&#8217;intelligence artificielle pour les travailleurs sociaux et a insisté sur la nécessité de l&#8217;encadrer. «&#160;Les usages de l’intelligence artificielle devancent aujourd’hui [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/puisque-les-personnes-utilisent-lia-et-les-professionnels-aussi-il-faut-laffronter/">« Puisque les personnes utilisent l’IA et les professionnels aussi, il faut l’affronter »</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans Le Média Social le 7 juillet 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Lors d&rsquo;un webinaire organisé par l&rsquo;Observatoire social de la Ville de Paris, Yann Ferguson, directeur scientifique du LaborIA, a précisé les usages possibles de l&rsquo;intelligence artificielle pour les travailleurs sociaux et a insisté sur la nécessité de l&rsquo;encadrer.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les usages de l’intelligence artificielle devancent aujourd’hui son pilotage</em>.&nbsp;» Le constat, posé par Yann Ferguson, sociologue et directeur scientifique du LaborIA*, résume l’enjeu de la recherche présentée<a href="https://www.paris.fr/evenements/webinaire-quelle-place-pour-l-ia-dans-le-travail-social-113897" target="_blank" rel="noreferrer noopener">&nbsp;lors d’un webinaire</a>&nbsp;de l’Observatoire social de la direction des solidarités de la Ville de Paris, organisé le 3&nbsp;juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’arrivée de ChatGPT dans les usages quotidiens fin 2022, l’intelligence artificielle (IA) générative n’est plus un sujet réservé aux experts. Elle est déjà utilisée par des travailleurs sociaux parfois sans cadre, sans formation, voire depuis des comptes personnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a donc confié au LaborIA une recherche autour&nbsp;de plusieurs questions. Parmi elles&nbsp;: l’IA peut-elle être un outil pertinent dans le secteur social&nbsp;? Pour quelles dimensions de l’activité&nbsp;? Et à quelles conditions peut-elle respecter l’éthique, les valeurs du travail social, la confidentialité et le secret professionnel&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Valeurs du travail social</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y répondre, le LaborIA a travaillé pendant 18 mois en réunissant une&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/vers-une-convention-pour-encadrer-l-usage-de-l-ia-dans-le-travail-social_sx4nzW" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vingtaine de travailleurs sociaux</a>. Ces derniers ont été formés à l’IA et ont auditionné des experts du droit, de l’éthique, de la gestion des émotions ou encore de l’empathie, avant de contribuer à la rédaction d’un manifeste, en cours de publication. L’objectif&nbsp;? Déterminer «&nbsp;<em>dans quelles conditions l’IA peut être utilisée dans leur métier&nbsp;»,&nbsp;</em>explique Yann Ferguson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grandes réflexions issues des travaux avaient été présentées en&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/travail-social-on-ne-peut-pas-louper-le-coche-de-l-ia_pTiqzD" target="_blank" rel="noreferrer noopener">octobre par les participants.</a>&nbsp;«&nbsp;<em>D’abord, nous nous sommes interrogés sur ce qui est techniquement possible</em>&nbsp;», rappelle Yann Ferguson. Mais la faisabilité technique ne suffit pas, les usages doivent aussi être «&nbsp;<em>proportionnés</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>régulièrement évalués</em>&nbsp;» notamment au regard de leurs effets sur les personnes accompagnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre point relevé&nbsp;: l&rsquo;usage de l&rsquo;IA «&nbsp;<em>doit respecter le cadre juridique du travail social</em>&nbsp;», être aligné avec les valeurs du travail social, et son usage «&nbsp;<em>ne peut être acceptable que comme appui technique validé par les professionnels</em>&nbsp;», sans remplacer la relation d&rsquo;accompagnement. Enfin, l&rsquo;IA ne constitue un progrès que si elle «&nbsp;<em>améliore concrètement l&rsquo;accompagnement, l&rsquo;accès aux droits et les conditions de travail</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois grands usages de l&rsquo;IA</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche distingue trois grandes familles d’usages de l’IA. La première consiste à utiliser l’IA comme un «&nbsp;<em>régulateur d’un travail sous tension.</em>&nbsp;» L’outil pourrait alors aider à faire face à une charge de travail importante, par exemple en facilitant certaines tâches administratives ou rédactionnelles. Mais plutôt que de réduire la charge de travail, le risque est que l’IA devienne un moyen de «<em>&nbsp;gérer plus de tâches</em>&nbsp;» et donc d’intensifier encore plus l’activité des travailleurs sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième famille d’usages&nbsp;: utiliser l’IA comme un «&nbsp;<em>amplificateur de capacités professionnelles</em>.&nbsp;» Autrement dit l&rsquo;utiliser pour la recherche, la veille, explorer des sujets ou créer des contenus. Avec là encore, un point de vigilance à garder en tête, explique Yann Ferguson&nbsp;: celui d&rsquo;une «&nbsp;<em>dépendance à des informations non vérifiées</em>&nbsp;», des contenus biaisés, erronés ou obsolètes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du webinaire, une assistante sociale a donné un exemple concret de ce type d&rsquo;usage de l&rsquo;IA en indiquant utiliser l’outil&nbsp;<a href="https://genial-for-search.lefebvre-dalloz.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">GenIA-L de Lefebvre Dalloz **</a>&nbsp;pour faire sa veille juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième usage est plutôt d&rsquo;utiliser l&rsquo;IA comme un «&nbsp;<em>médiateur réflexif et relationnel</em>.&nbsp;» L&rsquo;IA peut alors servir à prendre de la distance sur sa pratique professionnelle ou à faciliter certaines interactions avec une personne accompagnée. Mais ce type d’usage soulève aussi des risques&nbsp;: celui de «&nbsp;<em>coloniser</em>&nbsp;» l’échange avec la personne et de «&nbsp;<em>court-circuiter les échanges entre pairs si l’IA&nbsp;devient un substitut au collectif de travail.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déshumanisation et confidentialité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les professionnels formés dans le cadre de la recherche ont également identifié les principaux motifs de refus de l&rsquo;utilisation de l’IA dans le travail social. Deux motifs arrivent en tête&nbsp;: la crainte de déshumaniser le travail social et les enjeux de confidentialité et de secret professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viennent ensuite la perte de compétences, de réflexion et d’autonomie intellectuelle, le manque d’utilité perçue ou l’absence de plus-value, le manque de connaissance et de maîtrise de l’outil, puis le doute sur la fiabilité, l’exactitude et la pertinence des réponses. L’impact environnemental et écologique arrive en dernière position.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un résultat qui ne doit toutefois pas minimiser les effets environnementaux de l&rsquo;IA. Comme l&rsquo;a rappelé Yann Ferguson, l’IA générative mobilise des puces électroniques, des data centers, de l’eau pour leur refroidissement, mais aussi du travail humain d’annotation et de traitement des données souvent réalisé dans des pays à bas coût.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle «&nbsp;relation triangulaire&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Yann Ferguson met par ailleurs en garde contre un possible «&nbsp;<em>angle mort dans les pratiques</em>&nbsp;» qui pourrait apparaître si, d’un côté, les personnes accompagnées utilisent l’IA, tandis que de l’autre les professionnels refusent de l’intégrer à leurs pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA imite en effet «&nbsp;<em>de mieux en mieux les compétences relationnelles et sociales</em>&nbsp;», explique-t-il. De plus en plus de personnes peuvent être tentées de s’adresser à un outil d’IA pour obtenir de l’aide, plutôt que de demander de l&rsquo;aide à quelqu&rsquo;un.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or certains professionnels du travail social entendent préserver les gestes relationnels au cœur de leur métier. Le risque est donc de voir émerger un décalage entre leurs pratiques et celles des personnes qu’ils accompagnent si ces dernières recourent déjà à l’IA pour s’informer sur leurs droits, préparer une démarche administrative…</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Puisque les personnes accompagnées utilisent l’IA, et les professionnels aussi, il faut l’affronter</em>&nbsp;», insiste Yann Ferguson. Selon lui, cette «&nbsp;<em>relation triangulaire</em>&nbsp;» entre le professionnel, la personne accompagnée et l’IA pourrait devenir un «&nbsp;<em>nouveau geste professionnel sur lequel il faut pouvoir être formé</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manifeste du LaborIA, attendu dans les prochaines semaines, doit apporter un premier cadre. Il pourra servir de base à de nouveaux chantiers notamment sur la formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Le LaborIA est un laboratoire de recherche dédié à l&rsquo;IA dans le travail, crée par le&nbsp;ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités et l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique&nbsp;(Inria).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Le Media Social est une publication du groupe Lefebvre Dalloz.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marine DERQUENNE</strong></p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/puisque-les-personnes-utilisent-lia-et-les-professionnels-aussi-il-faut-laffronter/">« Puisque les personnes utilisent l’IA et les professionnels aussi, il faut l’affronter »</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Canicule, isolement, perte d&#8217;autonomie : le registre communal change de dimension</title>
		<link>https://firdis.com/canicule-isolement-perte-dautonomie-le-registre-communal-change-de-dimension/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 13:09:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité sociale et médico-sociale sélectionnée par FIRDIS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans Le Média Social le 6 juillet 2026 Un décret fait évoluer le registre communal des personnes vulnérables, qui favorise l&#8217;intervention des services en cas de canicule. Ses missions s&#8217;étendent désormais à la lutte contre l&#8217;isolement et la prévention de la perte d&#8217;autonomie. Les bénéficiaires de l&#8217;APA et de la PCH y sont [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/canicule-isolement-perte-dautonomie-le-registre-communal-change-de-dimension/">Canicule, isolement, perte d&rsquo;autonomie : le registre communal change de dimension</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans Le Média Social le 6 juillet 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un décret fait évoluer le registre communal des personnes vulnérables, qui favorise l&rsquo;intervention des services en cas de canicule. Ses missions s&rsquo;étendent désormais à la lutte contre l&rsquo;isolement et la prévention de la perte d&rsquo;autonomie. Les bénéficiaires de l&rsquo;APA et de la PCH y sont en outre automatiquement inscrits. De quoi combler certaines lacunes repérées par l&rsquo;Unccas.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les épisodes de canicule le démontrent&nbsp;: les personnes vulnérables vivant seules à domicile sont confrontées à un risque accru de&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/canicule-des-deces-a-domicile-plus-importants_NWzStm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décès</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, afin de prévenir ces situations, chaque mairie tient un registre destiné à recenser les personnes âgées et les adultes handicapés résidant à domicile. Son objectif est de faciliter l&rsquo;intervention des services sanitaires, sociaux ou médico-sociaux en cas de risque exceptionnel (canicule, inondation, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, l&rsquo;inscription sur ce registre est facultative et repose sur une démarche volontaire des personnes concernées ou de l&rsquo;un de leurs proches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conséquence&nbsp;: 27&nbsp;% des centres communaux d&rsquo;action sociale (CCAS) signalent&nbsp;<em>«&nbsp;un registre communal incomplet ou insuffisamment actualisé&nbsp;»,</em>&nbsp;rapporte l&rsquo;Union nationale des CCAS (Unccas) à l&rsquo;issue d&rsquo;une enquête flash&nbsp;menée du 30&nbsp;juin au 3&nbsp;juillet (voir encadré). Cette situation complique le repérage des personnes vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de renforcer l&rsquo;efficacité de ce dispositif, la&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/loi-bien-vieillir-le-registre-communal-canicule-outil-multifonctions_" target="_blank" rel="noreferrer noopener">loi «&nbsp;Bien vieillir&nbsp;» du 8&nbsp;avril 2024</a>&nbsp;a prévu plusieurs mesures. Pris en application de cette loi, un décret du 3&nbsp;juillet 2026 précise les nouvelles modalités de collecte, de transmission et d&rsquo;utilisation des données figurant dans le registre communal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transmission automatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Première évolution&nbsp;: l&rsquo;inscription sur ce registre devient automatique pour les bénéficiaires de l&rsquo;allocation personnalisée d&rsquo;autonomie (APA) à domicile, de la prestation de compensation du handicap (PCH) ou d&rsquo;une prestation d&rsquo;action sociale versée au titre de la perte d&rsquo;autonomie par des organismes d&rsquo;assurance vieillesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, le président du conseil départemental et la caisse d&rsquo;assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) doivent transmettre aux maires, une fois par an, certaines informations relatives à ces publics. Les intéressés (ou leur représentant si elles font l&rsquo;objet d&rsquo;une mesure de protection juridique) peuvent néanmoins s&rsquo;y opposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une&nbsp;<em>«&nbsp;évolution majeure&nbsp;»</em>, se réjouit l&rsquo;<a href="https://www.linkedin.com/posts/tr%C3%A8s-attendu-par-les-acteurs-des-territoires-share-7479852193727188992-aZTY/?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAACilkQYBDITi9zf0JPWVVsjPze67PU6hqY0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">association Monalisa</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Enseignements de la crise du Covid</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre nouveauté&nbsp;: les objectifs poursuivis par le registre sont élargis. En effet, explique&nbsp;la Commission nationale de l&rsquo;informatique et des libertés (Cnil),&nbsp;<em>«&nbsp;la crise du Covid-19 a souligné l&rsquo;importance de pouvoir identifier en amont les personnes en situation de vulnérabilité afin de leur fournir un accompagnement adapté et d&rsquo;éviter une surcharge du système de santé en cas de crise&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, souligne-t-elle, la lutte contre l&rsquo;isolement social et la prévention de la perte d&rsquo;autonomie des personnes vulnérables doivent être renforcées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mieux atteindre ces objectifs, la loi «&nbsp;Bien vieillir&nbsp;» est venue étendre les missions du registre communal. Le décret prend acte de cette évolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Finalités étendues</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier but de ce recueil des données reste d&rsquo;<em>&nbsp;«&nbsp;organiser un contact périodique&nbsp;»</em>&nbsp;avec les personnes âgées et les adultes handicapés résidant dans la commune, lorsque le&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000027573148" target="_blank" rel="noreferrer noopener">plan d&rsquo;alerte et d&rsquo;urgence</a>&nbsp;est actionné, par exemple en cas de canicule ou d&rsquo;inondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De façon nouvelle, ce registre doit également permettre de leur proposer des actions de lutte contre l&rsquo;isolement social, de repérer les situations de perte d&rsquo;autonomie et de les informer (ainsi que leurs proches) de leur droit au bénéfice éventuel d&rsquo;une prestation, d&rsquo;un avantage ou d&rsquo;un dispositif d&rsquo;aide et d&rsquo;accompagnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;a donc plus vocation à être utilisé ponctuellement en cas de risque exceptionnel, mais tout au long de l&rsquo;année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;association Monalisa, le registre devient&nbsp;<em>«&nbsp;un véritable outil de lutte contre l&rsquo;isolement social&nbsp;»</em>&nbsp;et permettra aux communes&nbsp;<em>«&nbsp;de mieux repérer les personnes susceptibles d&rsquo;avoir besoin d&rsquo;aide&nbsp;»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nouvelles données collectées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décret énumère les catégories de données pouvant être enregistrées dans le registre, fixe leurs modalités de recueil, de transmission et d&rsquo;utilisation, précise les accédants et destinataires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les évolutions, peuvent désormais être collectées les informations relatives au logement, en particulier concernant les&nbsp;<em>«&nbsp;conditions de rafraîchissement de l&rsquo;air&nbsp;»</em>, ainsi qu&rsquo;aux conditions de vie à domicile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les&nbsp;établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) pour personnes âgées ou adultes handicapés peuvent dorénavant demander à avoir accès à certaines informations, qui leur permettront ensuite, par exemple, de réaliser auprès des intéressés une&nbsp;<em>«&nbsp;démarche proactive à l&rsquo;égard des droits, prestations, dispositifs d&rsquo;aide ou d&rsquo;accompagnement&nbsp;»</em>&nbsp;mobilisables, des actions de repérage de la perte d&rsquo;autonomie, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Surcoûts pour les mairies</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nouveautés ont soulevé quelques inquiétudes du côté des élus, rapportées lors de la présentation du texte devant le Conseil national d&rsquo;évaluation des normes (CNEN).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leurs représentants ont ainsi relevé que<em>&nbsp;«&nbsp;des surcoûts pouvaient être induits par la mise en œuvre de ces dispositions. En effet, les moyens humains et financiers à mettre en œuvre, d&rsquo;une part, pour gérer ce fichier et, d&rsquo;autre part, pour veiller sur les personnes inscrites sur le registre nécessiteraient un effort conséquent des collectivités territoriales&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre question soulevée&nbsp;: la responsabilité des maires pourrait-elle être engagée si une personne inscrite sur ce fichier&nbsp;<em>«&nbsp;se trouvait en difficulté ou décédait&nbsp;»&nbsp;</em>? Par ailleurs, relève le collège des élus,&nbsp;<em>«&nbsp;certaines familles pourraient exiger une surveillance des personnes en invoquant leur inscription sur le registre&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse, le ministère en charge de l&rsquo;Autonomie et des Personnes handicapées assure que&nbsp;<em>«&nbsp;la responsabilité pénale des maires à l’égard des personnes inscrites ne peut être engagée en l’absence d’un élément intentionnel ou d’un manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposé par la loi ou le règlement&nbsp;»</em>. En outre, précise-t-il, le décret&nbsp;<em>«&nbsp;n’instaure aucune obligation d’accompagnement des personnes enregistrées au registre&nbsp;»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Unccas appelle à un «&nbsp;fonds blanc canicule&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son enquête flash, dont les résultats ont été dévoilés le 6&nbsp;juillet, l&rsquo;Unccas relève que lors de l&rsquo;épisode de canicule, 96&nbsp;% des CCAS ont organisé des appels téléphoniques aux personnes vulnérables et 62&nbsp;% ont réalisé des visites à domicile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle retient également que la canicule<em>&nbsp;«&nbsp;exerce une pression croissante sur les équipes&nbsp;»</em>. Ainsi, 27&nbsp;% des CCAS et CIAS répondants font état d&rsquo;un manque de personnel pour faire face à l’intensification des besoins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, un tiers a dû mettre en place des&nbsp;<em>«&nbsp;mesures exceptionnelles (astreintes, rappels d’agents, ouvertures élargies ou renforcement des permanences)&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l&rsquo;Unccas appelle le gouvernement à créer un&nbsp;<em>«&nbsp;fonds blanc canicule&nbsp;»</em>&nbsp;pour accompagner les investissements et les dépenses de fonctionnement supportés par les communes et leur CCAS/CIAS.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Virginie FLEURY</strong></p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/canicule-isolement-perte-dautonomie-le-registre-communal-change-de-dimension/">Canicule, isolement, perte d&rsquo;autonomie : le registre communal change de dimension</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Assises de la protection de l’enfance : 10 mythes déconstruits par Boris Cyrulnik</title>
		<link>https://firdis.com/assises-de-la-protection-de-lenfance-10-mythes-deconstruits-par-boris-cyrulnik/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 08:24:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans les ASH le 26 juin 2026 En ouverture de l’événement&#160;consacré aux ressources –&#160;parents et proches&#160;– de l’enfant, qui se tient à Strasbourg ces 25 et 26&#160;juin 2026, le neuropsychiatre est revenu sur dix idées reçues qui parasitent les pratiques des professionnels. Il était l’une des personnalités très attendues de ces&#160;XIXe&#160;Assises de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans les ASH le 26 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En ouverture de l’événement&nbsp;consacré aux ressources –&nbsp;parents et proches&nbsp;– de l’enfant, qui se tient à Strasbourg ces 25 et 26&nbsp;juin 2026, le neuropsychiatre est revenu sur dix idées reçues qui parasitent les pratiques des professionnels.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était l’une des personnalités très attendues de ces&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/protection-enfance/parents-et-proches-au-coeur-des-assises-de-la-protection-de-lenfance-974089.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">XIX<sup>e</sup>&nbsp;Assises de la protection de l’enfance</a>, organisées par L’Action sociale. L’auteur du concept de résilience,&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/societe/boris-cyrulnik-on-ne-peut-pas-vivre-sans-les-autres-550949.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boris Cyrulnik</a>, qui n’a pas pu se déplacer à Strasbourg en raison des conditions climatiques, a répondu en visioconférence à dix questions qui impactent le soutien à la parentalité et le parcours des enfants accompagnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. Avoir donné naissance suffit à être parent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Donner naissance, c’est donner la vie. Il faut ensuite mettre l’enfant au monde, ce qui n’est pas du tout la même chose. Le monde est structuré avant la naissance. C’est d’abord un monde sensoriel, une écologie, avant de devenir un monde affectif dans lequel il est nécessaire de pouvoir tisser des liens avec quelqu’un. Plus tard seulement, ce sera un monde verbal, et c’est là qu’il faudra apprendre à se développer. Mettre au monde est un long processus, alors que donner naissance est une épreuve physique.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. L’amour garantit la sécurité affective de l’enfant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’amour n’est pas l’attachement. C’est un sentiment hyperconscient, tellement intense qu’il nous fascine. L’attachement est insidieux&nbsp;: il se tisse au jour le jour dans les interactions quotidiennes, les efforts, les plaisirs et les inévitables disputes de la vie. On peut agir sur l’attachement en décidant des principes éducatifs et relationnels qui nous permettent de vivre ensemble, alors que l’amour nous surprend.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un premier amour : la folie amoureuse des 100&nbsp;premiers jours –&nbsp;expression du pédiatre Donald Winnicott. Ensuite, il faudra tisser le lien de l’attachement, qui lui durera tant que dure la vie.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3. Le temps de l’enfant et celui des parents sont identiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« C’est un contre-sens tragique. Le temps de l’enfant est hyperrapide. La synaptisation, c’est-à-dire la formation des circuits neuronaux, sculptés par le milieu, est fulgurante. Comme l’est, par conséquent, l’apprentissage des premières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un enfant n’attend pas. Or, lorsqu’il faut attendre un an pour trouver une famille d’accueil, c’est beaucoup trop long. Un an pour un enfant de 3-4&nbsp;ans, c’est le quart de sa vie. Alors que ce n’est que quelques mois pour un adulte. Plus on attend, moins la résilience est facile à déclencher. La plasticité cérébrale des enfants est stupéfiante, mais il faut aller vite, ne pas rater cette période sensible.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4. Travailler avec les parents consiste avant tout à travailler leurs compétences parentales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si l’éducation consistait à donner des recettes, je serais d’accord. Malheureusement, l’éducation, c’est une relation, une interaction affective, comportementale, verbale de tous les instants. On peut donner des principes, aider à l’apprentissage de modes de relation. Mais parler de compétences parentales à développer me paraît un abus de langage. En revanche, on peut expliquer comment mettre en place un système relationnel, comportemental, verbal, social, culturel…&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>5. Les visites médiatisées sont une forme de soutien à la parentalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Oui et non. Oui, une visite médiatisée est un soutien. Mais il arrive souvent qu’une visite médiatisée soit une confrontation. Il faut s’entraîner à raisonner en termes écosystémiques&nbsp;: les mythes disent une part de vérité mais la grossissent jusqu’à la déformer. Si faire des visites médiatisées consiste en&nbsp;une rencontre, c’est bien. Si elles se transforment en un ring de conflit, elles risquent d’aggraver la souffrance de l’enfant.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>6. Les membres de la famille susceptibles d’accueillir un enfant sont forcément semblables aux parents</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je pense que c’est faux. Il faut s’entraîner encore une fois à raisonner en termes écosystémiques. Un enfant s’adapte et finit même par s’attacher à des parents maltraitants. En disant du mal de ses parents, on blesse l’enfant. Inévitablement, il a des loyautés&nbsp;: il peut avoir l’impression de trahir sa famille d’origine en s’attachant à sa famille d’accueil. Donc, cette rencontre implique une négociation prudente, pour qu’elle se fasse sans disqualifier la famille d’origine. Une «&nbsp;transaction&nbsp;» est nécessaire entre la famille d’origine et la famille désireuse d’accueillir l’enfant. C&rsquo;est ce qui permettra à l&rsquo;enfant d’intégrer dans sa mémoire le tranquillisant naturel qui est le lien d’attachement familier. Pour cela, il faut du temps, des répétitions, et surtout pas de brutalité.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>7. Les ressources des proches de la famille ne sont pas suffisamment explorées</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Tout dépend de la culture. Pendant la guerre 1914-1918, les orphelins étaient souvent accueillis par la famille. Un début de familiarité se mettait en place. Mais le mot “famille” ne désignait pas les mêmes structures qu’aujourd’hui. À cette époque, les enfants étaient beaucoup plus faciles à élever. Ils entraient à l’école vers l’âge de 5&nbsp;ans. On leur demandait d’apprendre à lire et à compter, et vers 11 ou 12&nbsp;ans, de passer le certificat d’études avant d’accéder à l’autonomie. La plupart des garçons se préparaient au métier, les filles se préparaient au travail dans les champs et à la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, un enfant entre à l’école à 3&nbsp;ans. S’il a été sécurisé par sa famille, il a un stock de 1&nbsp;000 à 1&nbsp;500&nbsp;mots. S’il a vécu dans une famille insécurisante, en raison d’un conflit, d’une maladie, son stock se limite à 400-500&nbsp;mots. L’injustice sociale commence avant l’entrée en maternelle. Si le foyer est sécurisant, l’enfant aura autour de lui tout ce dont il a besoin pour se développer.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>8. Après un placement, le retour en famille est toujours souhaitable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si on n’a pas réussi à aider la famille insécurisée, et donc insécurisante, on va remettre l’enfant dans le milieu qui freinait son développement. Mais si on a réussi à tisser des liens avec une&nbsp;mère ou un père maltraitant, si on a réussi à faire évoluer les sentiments et interactions des familles, il pourra retourner dans sa famille, et éviter la déchirure du lien de loyauté. Tout dépend des stratégies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut renoncer à l’explication par une seule cause et s’intéresser à la convergence de plusieurs causes pour provoquer un effet, bénéfique dans un cas, maléfique dans un autre. Mais quand on est praticien, on trouve facilement la convergence de causes.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>9. Un enfant maltraité deviendra lui-même un parent maltraitant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« J’ai entendu beaucoup d’enfants maltraités m’expliquer dans l’intimité des psychothérapies&nbsp;: “<em>Cette phrase m’a fait plus de mal que les coups de poing de mon père ou le mépris de ma mère</em>”. Oui, si on ne fait rien, la maltraitance aura tendance à se répéter. Selon des enquêtes, 26&nbsp;% des enfants maltraités sont devenus maltraitants alors que 5&nbsp;ou 10&nbsp;% de la population générale maltraite ses enfants. En revanche, 74&nbsp;% des enfants maltraités ne sont pas devenus maltraitants. Parce qu’on les a soutenus, parce qu’on leur a donné des explications pour essayer de déclencher un processus de résilience. Comme on sait ce qu’il faut faire, l’immense majorité des enfants maltraités ne deviendront donc pas des parents maltraitants.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>10. Les parents ne veulent pas coopérer avec les services sociaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Tout dépend de la signification qu’ils attribuent à leurs enfants. J’ai vu, en tant que praticien, des parents qui ne voulaient pas coopérer. Dans les cas de dénis de grossesse, la plupart du temps, il s’agit de femmes seules, angoissées par la grossesse parce que personne ne les sécurise. Elles trouvent des rationalisations, de fausses raisons pour expliquer les douleurs de l’accouchement et ce déni aboutit à une tragédie. Mais dans l’immense majorité des cas, les parents cherchent à coopérer. Il suffit de travailler avec eux pour les rendre coopérants.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>David PROCHASSON</strong>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/assises-de-la-protection-de-lenfance-10-mythes-deconstruits-par-boris-cyrulnik/">Assises de la protection de l’enfance : 10 mythes déconstruits par Boris Cyrulnik</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
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		<title>« Faites-nous confiance » : devant le CNCPH, le conseil des enfants présente ses solutions</title>
		<link>https://firdis.com/faites-nous-confiance-devant-le-cncph-le-conseil-des-enfants-presente-ses-solutions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 15:57:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité sociale et médico-sociale sélectionnée par FIRDIS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans Le Média Social le 23 juin 2026 Le 22&#160;juin, le conseil des enfants du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a présenté pour la première fois ses travaux lors d&#8217;une assemblée plénière au&#160;ministère. Il porte des propositions pour « changer&#160;l&#8217;expérience de l&#8217;école pour les enfants en situation de handicap ». «&#160;Je m’appelle Adalia, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans Le Média Social le 23 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22&nbsp;juin, le conseil des enfants du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a présenté pour la première fois ses travaux lors d&rsquo;une assemblée plénière au&nbsp;ministère. Il porte des propositions pour « changer&nbsp;l&rsquo;expérience de l&rsquo;école pour les enfants en situation de handicap ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je m’appelle Adalia, j’ai 8 ans et j’ai la paralysie cérébrale. Mon AESH [accompagnant d’enfants en situation de handicap] ne veut pas que je lui dise comment améliorer les choses. Faites-nous confiance, on connaît nos besoins&nbsp;!&nbsp;».</em>&nbsp;Ce 22&nbsp;juin, Adalia et onze autres enfants en situation de handicap de 8 à 13 ans ont occupé la scène de la salle Laroque du ministère de la Santé et des Solidarités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains sont malvoyants, sourds ou porteurs d&rsquo;un handicap moteur ou d’un trouble du neuro-développement. Ils viennent de Paris ou de l&rsquo;Île-de-France et, pour un tiers, d’autres régions. Ils représentent&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/le-cncph-cree-un-conseil-des-enfants-handicapes_fGwfEs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le conseil des enfants</a>&nbsp;du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) qui, après une année de travaux, a exposé ses propositions aux membres du conseil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à eux étaient réunis les membres du CNCPH et des personnalités politiques et représentants institutionnels (ministères, Défenseur des droits, DGCS…). Car l&rsquo;objectif de cette assemblée plénière ouverte est bien que les pouvoirs publics entendent les demandes exprimées par ceux qui sont les premiers concernés par la politique qu’ils mettent en place.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le thème de l’école</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa première année de fonctionnement, le conseil des enfants, créé en 2025, avait choisi de réfléchir à l’accueil des enfants handicapés à l’école&nbsp;à travers la question de la communication entre les enfants et avec les adultes. Des sujets comme celui de l’accessibilité du matériel et des activités scolaires se sont aussi imposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de six ateliers en présentiel animés tout au long de l’année par l’équipe du CNCPH et les PEP 94, ils ont, à travers des jeux et des mises en situation, pu exprimer leurs difficultés et trouver ensemble des solutions. De ces échanges, ils ont dégagé constats et solutions concrètes synthétisés dans un rapport et une infographie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Créer des «&nbsp;blablarooms&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Agathe, est en CE2 et malvoyante. Elle prend le micro et raconte&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;À l’école, nous avons besoin d’apprendre à nous connaître&nbsp;pour avoir de bonnes relations avec les autres élèves&nbsp;».</em>&nbsp;Pour cela,&nbsp;<em>«&nbsp;il faut donner la parole aux enfants qui souhaitent parler de leur handicap, organiser des actions de sensibilisation et créer des blablarooms pour se rencontrer à l’école&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la salle, l’idée fait mouche.&nbsp;<em>«&nbsp;J’ose espérer qu’à la rentrée prochaine, il y aura des blablarooms dans toutes les écoles&nbsp;»</em>, applaudit l’ancien secrétaire d’État à l’Enfance, Adrien Taquet. Plus globalement, il considère que les propositions du conseil des enfants s&rsquo;avèrent&nbsp;<em>«&nbsp;une opportunité formidable de changer l’école pour le bien de tous les enfants en situation de handicap&nbsp;».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Aménagements</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les autres sujets qui font réagir&nbsp;: l’expérience d’Armand, malvoyant, qui n’est pas autorisé, lors des contrôles, à utiliser une police de caractères avec laquelle il travaille toute l’année.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est tout simplement inadmissible&nbsp;»</em>, s’indigne Adrien Taquet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport du conseil des enfants déplore en effet&nbsp;<em>«&nbsp;des refus de transcription, des délais trop longs pour obtenir des aménagements, ou encore un manque de financement pour les logiciels accessibles&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, pour<em>&nbsp;«&nbsp;qu’il y ait de bonnes relations entre les élèves&nbsp;»,&nbsp;</em>Rose, 11 ans, qui s’exprime en langue des signes, appelle à<em>&nbsp;«&nbsp;prévoir des moyens de communication adaptés&nbsp;pour permettre à tous les enfants de pouvoir s’exprimer&nbsp;»</em>&nbsp;comme la LSF, le Facile à lire et à comprendre (Falc) ou la communication alternative et améliorée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Harcèlement</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Que proposez-vous pour lutter contre le harcèlement&nbsp;des enfants handicapés&nbsp;?&nbsp;»</em>, interroge une membre du CNCPH dans la salle. Adèle, petite fille blonde en fauteuil roulant, prend la parole pour répondre&nbsp;:<em>&nbsp;«&nbsp;Je vais entrer en sixième et mon Sessad [service d&rsquo;éducation spéciale et de soins à domicile] va intervenir dans la classe pour expliquer mon handicap et prévenir le harcèlement&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres propositions visent la sécurité et le bien-être des enfants handicapés. Cela passe par la mise à disposition de casques anti-bruit et la création&nbsp;<em>«&nbsp;d&rsquo;endroits sûrs et calmes&nbsp;»</em>&nbsp;comme la mise en place d’un tipi dans la classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;L’adulte idéal&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Leur rapport décrit le portrait de l’&nbsp;<em>«&nbsp;AESH idéale&nbsp;»</em>&nbsp;et plus globalement de<em>&nbsp;«&nbsp;l’adulte idéal&nbsp;»</em>&nbsp;à l&rsquo;école. Celui-ci ne doit pas&nbsp;<em>«&nbsp;avoir de préférence&nbsp;»</em>&nbsp;et&nbsp;<em>«&nbsp;nous mettre ni en avant, ni à l’écart&nbsp;»,&nbsp;</em>écrivent les enfants. Il ne doit<em>&nbsp;«&nbsp;pas hésiter à poser des questions pour connaître les besoins des enfants&nbsp;»&nbsp;</em>ou encore<em>&nbsp;«&nbsp;écouter et respecter la parole des experts&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des recommandations portent aussi sur la formation des enseignants et en particulier, qu’ils puissent&nbsp;<em>«&nbsp;suivre au moins une journée de formation pour mettre en place les adaptations et pouvoir enseigner en fonction du handicap (quels documents, quelles adaptations, …) des élèves qu’il va avoir dans sa classe&nbsp;».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Diffusion dans les écoles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que deviendront ces propositions votées à l’unanimité par le CNCPH&nbsp;? Un document&nbsp;<em>«&nbsp;sera diffusé dans toutes les écoles&nbsp;»</em>&nbsp;assure la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, venue saluer les enfants dans l’après-midi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà, Vincent Julé, vice-président de l’Association nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP),&nbsp;<em>«&nbsp;espère que ces propositions seront reprises par les pouvoirs publics dans le cadre de la Conférence nationale du handicap (CNH) [qui a été reportée]&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noémie COLOMB</strong></p>
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		<title>Projet de loi sur la protection de l&#8217;enfance : les acteurs de terrain restent sur leur faim</title>
		<link>https://firdis.com/projet-de-loi-sur-la-protection-de-lenfance-les-acteurs-de-terrain-restent-sur-leur-faim/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 07:22:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans les ASH le 19 juin 2026 Entendus à l’occasion d’une audition parlementaire, mardi 17 juin 2026, par la délégation aux droits des enfants, le collectif enfantiste et le comité de vigilance des enfants placés ont fait part de leurs réserves sur plusieurs articles du nouveau projet de loi relatif à la protection [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/projet-de-loi-sur-la-protection-de-lenfance-les-acteurs-de-terrain-restent-sur-leur-faim/">Projet de loi sur la protection de l&rsquo;enfance : les acteurs de terrain restent sur leur faim</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans les ASH le 19 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entendus à l’occasion d’une audition parlementaire, mardi 17 juin 2026, par la délégation aux droits des enfants, le collectif enfantiste et le comité de vigilance des enfants placés ont fait part de leurs réserves sur plusieurs articles du nouveau projet de loi relatif à la protection des enfants.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/juridique/affaire-lyhanna-la-future-loi-de-protection-integrale-sur-les-violences-sexuelles-en-detail-973877.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’</a>affaire Lyanna est encore dans tous les esprits, la pression politique et associative s’est accentuée sur l’exécutif. En réponse, le Premier ministre a indiqué vouloir compléter&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/juridique/affaire-lyhanna-la-future-loi-de-protection-integrale-sur-les-violences-sexuelles-en-detail-973877.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le projet de loi sur la protection des enfants</a>, qui doit être examiné à l&rsquo;Assemblée nationale à partir du 15 juillet 2026. Un texte sur lequel la&nbsp;<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/delegations-comites-offices/delegation-droits-enfants" target="_blank" rel="noreferrer noopener">délégation aux droits des enfants</a>&nbsp;de l’Assemblée nationale a voulu entendre, ce mardi 17 juin, le collectif enfantiste et le comité de vigilance des enfants placés. Structuré en quatre titres, le projet de loi vise à :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>sécuriser les parcours des enfants confiés,</li>



<li>promouvoir l’accueil hors institution,</li>



<li>réaffirmer l’action éducative au plus près des besoins des familles,</li>



<li>renforcer la sécurité de la prise en charge de tous les enfants au sein des établissements et services de la protection de l’enfance, mais aussi, à l’école, dans les accueils de loisirs ainsi que dans les établissements de santé.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi important et attendu qu’il soit, le texte se distingue aussi bien par ses avancées que ses omissions, du point de vue du collectif enfantiste et du comité de vigilance des enfants placés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un document administratif supplémentaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article 1er rénove la mesure de placement judiciaire et en rappelle le caractère provisoire. «&nbsp;<em>Sur le principe, l&rsquo;intention est juste</em>, a estimé Lyes Louffok, cofondateur du comité de vigilance des enfants placés.&nbsp;<em>Nous ne pouvons plus accepter que les enfants soient placés pendant 10 ou 15 ans sans que personne ne soit réellement en mesure de dire quel est leur projet de vie.</em>&nbsp;» Le militant des droits des enfants a dénoncé la reconduction mécanique, tous les deux ans, de l&rsquo;assistance éducative. Pour lui, le texte a raison de poser une échéance. «&nbsp;<em>Le provisoire qui dure toute l&rsquo;enfance n&rsquo;est plus du provisoire, c&rsquo;est une forme d&rsquo;abandon institutionnel.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, cette avancée porte en elle un risque majeur, celui de voir le projet de vie se transformer en document administratif supplémentaire, s’il ne repose pas sur des évaluations pluridisciplinaires sérieuses des travailleurs sociaux disponibles, des psychologues, des médecins, des magistrats, des avocats ect… Or, les moyens manquent cruellement depuis trop longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ne pas confondre délaissement et empêchement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Très discuté également, l’article 2 propose d’agir plus rapidement pour sécuriser le statut juridique de l’enfant, lorsque le retour en famille n’est plus envisageable. Il réduit à six mois la constatation du délaissement parental, afin de faciliter l&rsquo;adoption simple des enfants de moins de trois ans. Du point de vue des acteurs de terrain, cette mesure appelle plusieurs vigilances. «&nbsp;<em>La première est de ne pas confondre délaissement et empêchement</em>, a observé Lyes Louffok.&nbsp;<em>Un parent absent n&rsquo;est pas toujours un parent désengagé, un parent qui ne vient pas au rendez-vous n&rsquo;est pas toujours un parent indifférent.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de prendre l’exemple de parents confrontés à des troubles psychiatriques. Le risque est alors grand de transformer la maladie mentale en facteur automatique de rupture de lien. Pour s’en prémunir, les mesures de soutien aux parents ne doivent pas seulement être proposées formellement, «&nbsp;<em>mais réellement accessibles, adaptées et effectives&nbsp;</em>». Une vision partagée par le collectif enfantiste qui affirme clairement son opposition à l’article 2.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des angles morts</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement entend également renforcer l’accueil chez les tiers dignes de confiance, afin d’éviter les placements en institution. Une disposition déjà prévue par la loi, mais qui demeure très peu mise en œuvre dans la pratique. Les freins à ce recours sont multiples : manque d&rsquo;identification des proches susceptibles d&rsquo;accueillir l&rsquo;enfant, défaut d&rsquo;accompagnement des tiers ou encore insuffisance de moyens alloués. Si la piste est prometteuse, le collectif enfantiste insiste sur la nécessité de l’évaluation de ces tiers dignes de confiance afin d’assurer la sécurité des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gros angles morts de ce projet de loi selon les personnes auditionnées : l&rsquo;absence totale de dispositifs concernant les mineurs non accompagnés, tout comme le défaut de prise en compte des adolescents et des jeunes majeurs. Le texte se concentre en effet largement sur les enfants en bas âge, notamment en ce qui concerne la suppléance parentale et l’adoption. Les collectifs et comités de vigilance ont par ailleurs réaffirmé la nécessité de mettre en place une instance nationale indépendante de contrôle, une meilleure formation et plus de soutien pour les travailleurs sociaux. Comme l’a rappelé Lyes Louffok, la protection de l&rsquo;enfance ne souffre pas aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un déficit d’idées ni même de projets de lois. «&nbsp;<em>Elle souffre d&rsquo;un déficit d&rsquo;effectivité, de gouvernance, de contrôle et de moyens.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, parler sérieusement de la sécurité des enfants ne peut se faire sans aborder les conditions de travail des travailleurs sociaux. Selon le cofondateur du comité de vigilance des enfants placés, «<em>&nbsp;lorsque les professionnels s&rsquo;épuisent, ce sont les enfants qui en payent le prix</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Solenne DUROX</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/projet-de-loi-sur-la-protection-de-lenfance-les-acteurs-de-terrain-restent-sur-leur-faim/">Projet de loi sur la protection de l&rsquo;enfance : les acteurs de terrain restent sur leur faim</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
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		<title>Canicules : comment le grand âge prépare sa transition écologique</title>
		<link>https://firdis.com/canicules-comment-le-grand-age-prepare-sa-transition-ecologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 13:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité sociale et médico-sociale sélectionnée par FIRDIS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans Le Média Social le 18 juin 2026 Réunis à Toulouse à l&#8217;initiative de la Fnadepa, les directeurs d’établissements et services pour âgées&#160;ont placé la transition écologique au cœur de leurs échanges.&#160;Objectif&#160;: partager les leviers pour relever le double défi du vieillissement de la population et du changement climatique. «&#160;Pourquoi parler climat dans [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/canicules-comment-le-grand-age-prepare-sa-transition-ecologique/">Canicules : comment le grand âge prépare sa transition écologique</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans Le Média Social le 18 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réunis à Toulouse à l&rsquo;initiative de la Fnadepa, les directeurs d’établissements et services pour âgées&nbsp;ont placé la transition écologique au cœur de leurs échanges.&nbsp;Objectif&nbsp;: partager les leviers pour relever le double défi du vieillissement de la population et du changement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Pourquoi parler climat dans un congrès du grand âge&nbsp;?</em>&nbsp;», interroge Jean-Pierre Riso, président de la&nbsp;Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour âgées (Fnadepa), dans son discours d’ouverture du 41e congrès de l&rsquo;organisation, qui s&rsquo;est tenu à Toulouse les 11 et 12&nbsp;juin, à mi-chemin entre deux épisodes caniculaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nos établissements sont des passoires énergétiques pour beaucoup d’entre eux. Le changement climatique frappe déjà celles et ceux que nous accompagnons (…) Et pourtant, la rénovation thermique, les circuits courts alimentaires, les jardins partagés, les approches bas-carbone&nbsp;: tout cela coûte de l’argent que nous n’avons pas&nbsp;</em>», poursuit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une double urgence, démographique avec l’accélération du vieillissement, et climatique, il va falloir agir vite et avec des moyens, insiste-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’où la demande de levée immédiate du&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/financement-de-la-perte-d-autonomie-protestation-collective-contre-un-gel-prudentiel-de-215-m_UYLztR" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gel prudentiel de 215&nbsp;millions d&rsquo;euros</a>, décidé par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui avait ulcéré le secteur en avril dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, ce congrès toulousain visait à «&nbsp;<em>partager, apprendre (…) repartir avec des idées, des outils, des convictions renforcées&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’adapter aux températures extrêmes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car les établissements médico-sociaux vont devoir rapidement affronter une double contrainte, indique Baptiste Verneuil, ingénieur santé-énergie-climat à l’association The Shift Project&nbsp;: s’adapter à des températures extrêmes et faire face à la raréfaction des énergies fossiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l’écran apparaît une carte de France avec des centaines de points rouges dans le Sud, bleus dans le Nord et le Nord-Ouest, là où les établissements connaîtront à l’avenir moins de 5 canicules par&nbsp;an.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>En 2030, puis en 2050, de plus en plus d&rsquo;établissements vont être confrontés à ces températures très chaudes. (&#8230;)&nbsp;À l&rsquo;horizon 2100, les canicules seront multipliées par 17&nbsp;</em>», prévient-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon The Shift Project, le secteur de l’autonomie induit des émissions de 10&nbsp;millions de tonnes de C02, la moitié provenant des Ehpad, soit 1,5&nbsp;% de l’empreinte carbone nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Principaux postes concernés&nbsp;: les déplacements, nombreux dans les services à domicile, l’alimentation, avec plus d’un milliard de repas servis chaque année, la consommation énergétique, à la merci de l’instabilité des prix du gaz et du pétrole, et la délivrance de médicaments, issue d’une production chimique mondialisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Limiter les impacts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors comment agir&nbsp;? Avec des guides, des formations pour les professionnels et les usagers «<em>&nbsp;puisque ces transformations peuvent impacter leurs conditions d’hébergement, de vie&nbsp;</em>», poursuit Baptiste Verneuil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autres leviers, pour une décarbonation à l’horizon 2050&nbsp;: l’électrification des flottes des services à domicile, l’optimisation des distances parcourues avec la mise en place d’équipes autonomes locales, le recours à l’alimentation biologique, les actions de prévention pour limiter les traitements médicamenteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">David Boussat, directeur du réseau ADMR de Charentes-Maritimes, décrit justement sa flotte de 720 véhicules hybrides, dont 200 véhicules uniquement électriques dès l’année prochaine, pour couvrir 800&nbsp;000&nbsp;heures à domicile et en établissement, soit 45&nbsp;% de l’activité domiciliaire du département en service prestataire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son dada&nbsp;? La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) qui permet le changement, l’aide à la décision. «&nbsp;<em>La RSE est une marque qui va impacter les années futures, être un avantage concurrentiel observé par les pouvoirs publics, les financeurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres impacts sont moins facilement mesurables, mais tout aussi réels, selon lui&nbsp;: «&nbsp;<em>Est-ce que la RSE nous permet de recruter&nbsp;? Oui. Est-ce que la RSE nous permet d&rsquo;améliorer notre image&nbsp;? Oui. Est-ce que la RSE donne du sens au travail&nbsp;? Oui&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Embarquer les résidents</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre retour d’expérience, celui du groupe associatif occitan Edenis, regroupant 23 Ehpad et quatre résidences autonomie pour une capacité d’accueil de 2&nbsp;200 places et 1&nbsp;500 équivalents temps plein.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un an après son arrivée en 2021, le président du directoire David Maugé a lancé un bilan carbone et une convention d’encadrement pour s’atteler à la réduction des déchets alimentaires en végétalisant l’alimentation des résidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sujet «&nbsp;<em>pas&nbsp;facile</em>&nbsp;», travaillé avec ses équipes et le prestataire de restauration. «&nbsp;<em>L’important c’est d’avoir des convictions, des ambitions et d’agir</em>&nbsp;», affirme-t-il. Trois ans après, la part de viande dans l’assiette a été réduite de 20&nbsp;%, passant d’1,2&nbsp;kg par semaine et par résident à moins d’un kilo, avec l’objectif de parvenir à 400 grammes d’ici 2032-2035.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ce qui est chouette avec ce projet, c&rsquo;est qu&rsquo;on prend notre part et d&rsquo;un point de vue&nbsp;« compte d&rsquo;exploitation, budget d&rsquo;investissement »</em>,&nbsp;<em>c&rsquo;est quasiment zéro. Ce sont surtout des neurones à mettre autour de la table et des énergies humaines à rassembler pour embarquer tout le monde, y compris les résidents</em>&nbsp;», explique David Maugé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre objectif&nbsp;: la construction d’un champ photovoltaïque qui couvrira 20&nbsp;% des besoins énergétiques du groupe à l’horizon 2027.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cultiver son jardin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Frédéric Dellinger, paysagiste, invite de son côté à s’appuyer sur le concept de «&nbsp;robustesse&nbsp;» développé par le biologiste Olivier Hamant, en s’inspirant du vivant pour s’adapter aux crises à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Un jardin climatise tout l&rsquo;espace et l&rsquo;extérieur&nbsp;: s&rsquo;il y a une panne de courant, on est toujours bien sous l&rsquo;arbre</em>&nbsp;», précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des arbres qu’il invite à planter dès maintenant autour des établissements pour lutter contre les îlots de chaleur, filtrer l&rsquo;air, embellir les espaces et diminuer l’anxiété, la dépression. Le tout, en faisant sienne la réplique de Candide (Voltaire)&nbsp;: «&nbsp;<em>Il faut cultiver notre jardin</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Laetitia DELHON</strong></p>
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		<title>Santé mentale : « Accepter l’essai-erreur permet d’avancer loin » (4/4)</title>
		<link>https://firdis.com/sante-mentale-accepter-lessai-erreur-permet-davancer-loin-4-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 08:57:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://firdis.com/?p=4194</guid>

					<description><![CDATA[<p>Interview parue dans les ASH le 17 juin 2026 Développée dès les années 1970 dans les pays anglo-saxons pour défendre la capacité des personnes souffrant de troubles psychiques à mener une vie satisfaisante, la notion de « rétablissement » se développe en France depuis une quinzaine d’années.&#160; Explications avec Raphaël Bouloudnine, psychiatre et coordinateur national [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Interview parue dans les ASH le 17 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Développée dès les années 1970 dans les pays anglo-saxons pour défendre la capacité des personnes souffrant de troubles psychiques à mener une vie satisfaisante, la notion de « rétablissement » se développe en France depuis une quinzaine d’années.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Explications avec Raphaël Bouloudnine, psychiatre et coordinateur national « Un chez-soi d’abord » à la&nbsp;<a href="https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Délégation interministérielle à l&rsquo;hébergement et à l&rsquo;accès au logement&nbsp;(Dihal)</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>ASH : « Un chez-soi d’abord » a été expérimenté en France pendant une dizaine d’années avant d’entrer dans la loi et d’être déployé sur tout le territoire. Son efficacité est aujourd’hui reconnue. Sur quels principes repose-t-il ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Raphaël Bouloudnine :</strong>&nbsp;Ce dispositif fait partie de la politique du&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/insertion/le-logement-dabord-un-succes-indeniable-pascal-brice-969259.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Logement d’abord »</a>, inspiré du&nbsp;<em>Housing First</em>&nbsp;né aux Etats-Unis dans les années 1990. Il renverse le modèle classique d’accès à l’habitat pour un public très spécifique : les personnes à la rue ayant des troubles psy. Avec Un chez soi d’abord, on n’attend pas que les personnes aillent mieux avant d’envisager un logement, il est au contraire proposé d’emblée, parce que perçu comme un déterminant de santé à partir duquel on peut accompagner les personnes. La mise en place de cette approche, dont l’utilité est reconnue par tous, a permis de prouver que le Logement d’abord fonctionnait, permettant de développer par la suite les deux plans quinquennaux pour cette politique publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi ce dispositif fonctionne-t-il si bien ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant tout, parce qu’il repose sur une logique de décloisonnement très forte, sans hiérarchie entre les disciplines. C’est la rencontre de métiers et d’acteurs du social, du médical et du logement qui travaillent ensemble pour accompagner les personnes. Auparavant, des mesures issues, par exemple, du sanitaire ont été développées, mais sans réelle connaissance sur le logement – et inversement. Or un individu est un tout, à l’articulation de plusieurs champs : le logement, la santé, l’emploi, etc. Un chez soi d’abord est ainsi une approche qui part de la globalité des personnes, dans une perspective de rétablissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette logique de décloisonnement, nous l’appliquons dans notre dimension interministérielle (Logement, Santé et Solidarités, Emploi et Travail, Intérieur, Justice, Égalité femmes-hommes, Éducation nationale et jeunesse…) et à tous les échelons au sein de la Dihal [Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement] en conjuguant les expertises. Dans mon cas, je suis médecin et travaille pourtant dans une administration centrale chargée de la lutte contre le sans-abrisme et le mal-logement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans la même lignée, vous contribuez au développement du Working First. Pouvez-vous préciser ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas tout d’avoir un logement pour se rétablir. Une autre question majeure est de déterminer ce qu’on fait de sa vie. Dans notre société, le travail fait partie des occupations principales de beaucoup de personnes. Avoir le choix de pouvoir travailler semble être une suite logique au Housing First. Cela nous a conduits à développer des projets autour de l’insertion professionnelle, toujours dans une dynamique de rétablissement. Pour ce faire, nous avons échangé avec des collègues canadiens qui travaillent sur le modèle IPS (Individual Placement and Support) qui est, grosso modo, une adaptation du Housing First à l’emploi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière que le logement n’est pas l’objectif final dans la politique du Logement d’abord, l’emploi n’est pas l’objectif final dans celle du Working First. On les voit plutôt comme des déterminants de santé et des moyens pour que la personne accompagnée se connaisse mieux, avec ses forces et ses limites. Et on constate que quand on associe le logement à l’emploi, tout va beaucoup plus vite, avec un effet potentialisateur de l’un sur l’autre, comme si 1 plus 1 faisaient 3.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est la place accordée au risque ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Logement d’abord comme dans le Working First, on ne peut pas prédire ce qui va fonctionner. Pour savoir, il faut essayer et prendre le risque que ça ne marche pas. Mais la vie est une prise de risques. Quand on marche aussi, il y a toujours un moment de déséquilibre entre deux moments d’équilibre, et c’est nécessaire pour avancer. Toute la question est de savoir quel filet de sécurité on installe autour de ce moment de déséquilibre pour que la chute ne soit pas trop douloureuse. À travers ces dispositifs, nous cherchons une prise de risque contrôlée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accepter l’essai-erreur permet d’avancer loin. Je pense, entre autres, à une personne qui vivait à la rue et souhaitait un logement en centre-ville, mais ne parvenait pas à y avoir accès en raison d’une façon de vivre assez bruyante – elle aimait jouer de la musique la nuit. Au départ, nous étions à peu près persuadés qu’elle ne pourrait pas habiter dans un logement lambda, mais nous avons écouté ses désirs et avons essayé ensemble. Dans les premiers temps, la cohabitation avec le voisinage s’est mal passée. Mais, à chaque perte de logement, on en profitait pour affiner ses envies et l’aider à mieux s’adapter aux contraintes inhérentes à la vie en ville. Ce qui a finalement marché : nous avons réussi à trouver un appartement en centre-ville que nous avons insonorisé, avec une sorte de dépendance pour faire de la musique, dans lequel cette personne continue de vivre aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Logement d’abord comme le Working First s’appuient sur le « rétablissement ». De quoi s’agit-il ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une philosophie résumée à travers le sigle Esper, pour « espoir, soutien, plaidoyer, empowerment et responsabilité personnelle ». À partir de ces principes ont été développés des outils concrets pour accompagner les personnes tout au long d’un parcours de rétablissement, avec à chaque fois l’idée de remettre leur décision au centre. Ainsi, en plus du Housing First ou du Working First, il y a les directives anticipées, qui permettent aux personnes ayant déjà connu une hospitalisation sous contrainte de poser leurs conditions dans le cas où elles seraient de nouveau amenées à être internées contre leur gré pour des raisons de santé mentale. Le but est que ces publics deviennent acteurs, y compris dans les épisodes où ils pourraient perdre pied avec la réalité. Il y a aussi les plans d’action personnalisés, outils pensés pour partir des envies profondes des personnes, comme un désir d’enfant, l’envie de pratiquer une activité sportive, d’avoir des relations amicales… L’objectif est d’initier une mise en mouvement. Du point de vue des acteurs du soin ou du social, travailler en rétablissement, cela correspond avant tout à des cultures professionnelles, des manières de travailler ensemble et d’être ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez assisté il y a une quinzaine d’années aux premiers pas en France du « rétablissement ». Comment cette philosophie et ces outils ont-ils évolué depuis ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Un chez-soi d’abord, nous étions vus au départ comme des personnes insensées qui voulaient mettre « des fous toxicos dans des appartements ». Aujourd’hui, de nombreux territoires veulent développer le dispositif, passant d’un questionnement axé autour du « pourquoi vous faites ça ? » à « comment vous faites ça ? ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée de la pérennisation en 2017 d’Un chez-soi d’abord, il y a eu un premier plan Logement d’abord, puis un deuxième en 2022, qui s’appuient sur le principe de non-prédictibilité et du développement du pouvoir d’agir. Paradoxalement, la crise du Covid a également permis d’expérimenter cette approche pour des publics en situation de grande marginalité. Quelques années avant, il y avait eu l’apparition des médiateurs de santé-pairs, venus montrer qu’il était possible de se rétablir et que les personnes concernées pouvaient aussi permettre à d’autres de se rétablir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon avis, le développement de pratiques de rétablissement est aussi dû à la crise que traverse le sanitaire, avec une perte d’attractivité de l’hôpital pour beaucoup de soignants, parallèle à celle du secteur social. Il faut repenser la place des soins et imaginer de nouvelles manières d’accompagner. Cela aurait été plus confortable de préparer cette transition, mais les grosses évolutions arrivent souvent dans des moments de crise. Finalement, le rétablissement est aussi une manière pour les acteurs du soin et du social de retrouver du sens dans leur travail.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Adèle CAILLETEAU</strong></p>
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		<title>Santé mentale : des initiatives pour se reconnecter aux autres (3/4)</title>
		<link>https://firdis.com/sante-mentale-des-initiatives-pour-se-reconnecter-aux-autres-3-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 08:37:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans les ASH le 13 juin 2026 Le point commun entre un groupe d’entraide mutuelle itinérant, de la médiation animale en Ehpad et de la muséothérapie ? Tous ces dispositifs ont choisi d’adapter leurs approches aux besoins spécifiques des publics accompagnés pour aller vers un mieux-être. Dans certains villages du Gard, on peut [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://firdis.com/sante-mentale-des-initiatives-pour-se-reconnecter-aux-autres-3-4/">Santé mentale : des initiatives pour se reconnecter aux autres (3/4)</a> est apparu en premier sur <a href="https://firdis.com">FIRDIS Formation Ingénierie, Recherche et Développement, Intervention Sociale</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans les ASH le 13 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le point commun entre un groupe d’entraide mutuelle itinérant, de la médiation animale en Ehpad et de la muséothérapie ? Tous ces dispositifs ont choisi d’adapter leurs approches aux besoins spécifiques des publics accompagnés pour aller vers un mieux-être.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains villages du Gard, on peut attendre le bus toute une journée… sans croiser personne à qui parler. À Pont-Saint-Esprit, Laudun-l’Ardoise ou Sabran, la solitude n’est pas un concept, mais le quotidien. Depuis 2022, le dispositif&nbsp;<a href="https://www.fondationdefrance.org/fr/cat-sante-mentale/rompre-lisolement-psychique-en-milieu-rural">« GEM ma campagne »</a>&nbsp;sillonne les routes du département rhodanien. Portée par le&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/insertion/le-cafe-curieux-quand-la-psychiatrie-hors-les-murs-rend-fou-de-joie-894457.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">GEM (groupe d’entraide mutuelle)&nbsp;</a>Cèzâme et soutenue par la Fondation de France, cette initiative singulière va à la rencontre de personnes en souffrance psychique, souvent isolées, voire invisibles. «&nbsp;<em>Ce ne sont pas les gens qui viennent au GEM, c’est nous qui venons au plus près de là où ils habitent</em>&nbsp;», explique Cédric Kruger, animateur-coordinateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre « GEM ma campagne », il faut remonter à l’esprit même des groupes d’entraide mutuelle. Créées en France dans les années 2000 dans le sillage des politiques de désinstitutionnalisation, ces structures associatives ont marqué un tournant : reconnaître que le rétablissement en santé mentale passe non seulement par le soin mais aussi par le lien social, l’entraide et la participation citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source d’inspiration pour les territoires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de l’itinérance s’est construite à partir d’inspirations multiples. «&nbsp;<em>Nous avions rencontré un GEM à Narbonne qui réfléchissait déjà à une forme de mobilité</em>&nbsp;», raconte Cédric Kruger. Plus tard, l’équipe découvre une autre initiative, un GEM itinérant en Corse. «&nbsp;<em>Chaque territoire possède vraiment sa particularité.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, c’est au tour du projet gardois d’être source d’inspiration, attirant l’attention au-delà des limites du département. «&nbsp;<em>J’ai été contacté par la Creuse,&nbsp;</em>reprend Cédric Kruger,&nbsp;<em>et également du côté de Toulouse, du Lot… Ça fait des petits.</em>&nbsp;» Des structures médico-sociales, des porteurs de projets ou des acteurs locaux prennent ainsi contact pour comprendre et reproduire ce modèle d’aller-vers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière « GEM ma campagne », n’apparaît pas un public homogène mais une grande diversité de parcours. «&nbsp;<em>Les âges vont de 23 à 77 ans, c’est intergénérationnel, précise l’animateur- coordinateur. Nous avons des profils de personnes souffrant aussi bien de schizophrénie, d’addictions, de bipolarité que de troubles du comportement, de dépression, de burnout.</em>&nbsp;» Ce qui les relie ? Leur isolement. «&nbsp;<em>Certains se renferment, et ce dispositif leur permet de rencontrer d’autres personnes.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recréer l’envie d’être ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, « GEM ma campagne » fonctionne comme un lieu de vie mobile. Chaque accueil commence souvent autour d’un café partagé. «&nbsp;<em>On prend le temps de discuter de la semaine, du week-end, de comment vont les gens</em>&nbsp;», détaille Cédric. Les participants déjeunent ensuite ensemble avant de choisir les activités de l’après-midi. Et le programme est vaste : ateliers cuisine, jeux de société, karaokés, ateliers créatifs ou d’écriture, ciné-débat, balades, sorties culturelles ou à la plage. «&nbsp;<em>Parfois, il y a des choses planifiées. Parfois, ça se fait sur un coup de tête, suivant l’envie et le besoin des adhérents.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de Bagnols-sur-Cèze et de Pont-Saint-Esprit, quelques pôles concentrent les services. Mais dans les villages alentour, les déplacements restent un obstacle majeur. «&nbsp;<em>Dans certains villages, vous prenez le bus le matin, vous rentrez le soir… voire le lendemain</em>&nbsp;», décrit l’animateur-coordinateur. Le GEM itinérant répond à cette contrainte au moyen de lieux d’accueil hebdomadaires, d’un transport en minibus et d’une présence au plus près des habitants. Et pour certains, les évolutions peuvent être spectaculaires. «&nbsp;<em>Comme pour Mélodie, qui était très réservée… Aujourd’hui, elle participe au conseil d’administration, prend des décisions et s’affirme.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré son succès, « GEM ma campagne » repose sur un équilibre financier précaire. «&nbsp;<em>Le principal financeur reste l’agence régionale de santé. Mais, à côté, je mène un travail conséquent de montage financier&nbsp;</em>», explique Cédric Kruger. Fondation de France, département, politique de la ville, MSA (Mutualité sociale agricole)… Les soutiens sont multiples, mais nécessitent une mobilisation constante. Avec actuellement une trentaine de participants (et, à terme, l’objectif d’une cinquantaine), le projet poursuit son développement dans le Gard. Tout en essaimant déjà ailleurs.&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Une autre façon de soigner… à la ferme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’Ehpad de l’hôpital de Sainte-Foy-lès-Lyon, la santé mentale a parfois le visage d’une ponette, d’un cochon… et d’un lien retrouvé. Ici, «&nbsp;<em>on ne demande pas qui tu es, ce que tu as, mais si tu peux nourrir les animaux</em>&nbsp;», résume Olivier Deleage, porteur du projet La Ferme des possibles. Installée sur une friche de l’Ehpad de l’hôpital, elle est née en 2019 de l’intuition qu’il fallait prendre soin autrement. Avec des animaux comme médiateurs. Mieux, les rôles sont inversés. «&nbsp;<em>Un basculement s’opère du statut de soigné à celui de soignant</em>&nbsp;», observe-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nourrir, observer, prendre soin : autant de gestes simples qui réinscrivent dans une dynamique de vie. «&nbsp;<em>Tout de suite, le soigné est réintégré dans la société des vivants. Et ça, c’est colossal. On le constate tous les jours.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la mémoire s’efface…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les histoires qui marquent, figure celle d’un homme atteint de la maladie d’Alzheimer. «&nbsp;<em>Il ne se souvient plus s’il a des enfants, s’il a été marié… Mais la ferme, on lui en a parlé une fois, et il ne l’oublie pas. Il l’évoque chaque jour&nbsp;</em>», explique Olivier Deleage. Dans un quotidien où tout s’efface, la ferme devient un repère. Un ancrage. Un lieu qui persiste quand le reste vacille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là-bas, les générations se croisent et se rencontrent réellement. Des enfants issus de la Mecs (maison d’enfants à caractère social), du centre social ou encore des dispositifs de protection de l’enfance partagent leur temps avec les résidents de l’Ehpad. «&nbsp;<em>Nous avons des personnes âgées que la famille ne vient pas voir souvent, et des enfants qui sont en mal de famille. Construire ces interactions était pour nous une évidence.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ferme qui fait société</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Ferme des possibles ne se limite pas à la médiation animale. Potager, récupération de plantes, compost, le projet s’inscrit dans une logique globale. Labellisée Jardin Santé, la structure reconnaît officiellement les bienfaits du vivant sur la santé. «&nbsp;<em>C’est un lieu de l’économie sociale et solidaire, mais aussi un espace où l’on fait société.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jour, les 105 résidents de l’Ehpad bénéficient de cette présence, même sans entrer dans l’enclos. «<em>&nbsp;Le matin, ils se lèvent en disant : “Je n’ai pas vu Ange, est-ce qu’elle va bien ?”&nbsp;</em>» Enfants, soignants, patients, familles : la ferme devient aussi un refuge pour les professionnels, qui «&nbsp;<em>viennent se reposer ici pour avoir un espace de respiration</em>&nbsp;». Né en pleine période Covid, l’endroit permet de «&nbsp;<em>se reconnecter au vivant et aux autres</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Dans les Yvelines, le musée prescrit contre l’isolement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une entrevue avec la Vénus préhistorique du Musée d’archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye, pour réapprendre à habiter son corps. Non loin, les paysages apaisants de Maurice Denis, pour souffler après une crise d’angoisse. Dans les Yvelines, les sorties au musée sont désormais prescrites comme des parenthèses de répit à des personnes fragilisées psychiquement ou socialement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le département de l’ouest francilien expérimente, pour une durée d’un an, une autre manière de prendre soin. Ce programme, désormais baptisé Yvelines Musées solidaires, propose à des patients ou à des personnes en situation de précarité de visiter gratuitement l’un des 18 musées et sites culturels partenaires du territoire. À l’origine du projet, Pierre-Marie Vautier est chargé du développement du dispositif au sein de la direction de la culture, du tourisme et des sports. Son ambition : faire du musée un outil de mieux-être accessible au quotidien. «&nbsp;<em>Le but est vraiment que le médecin de famille ou le psychiatre puisse prescrire une sortie dans le musée du quartier</em>&nbsp;», défend-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une idée venue d’outre-Atlantique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept de prescription muséale a été lancé en 2018 au Musée des beaux-arts de Montréal. Depuis, plusieurs musées européens ont développé des initiatives similaires, notamment en Belgique et en Suisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ici, le dispositif prend une dimension inédite, en reposant non pas sur un seul établissement culturel, mais sur un maillage territorial. «&nbsp;<em>C’est la première fois que des petits musées de ruralité peuvent s’emparer de ce type de dispositif</em>&nbsp;», souligne Pierre-Marie Vautier. Un choix loin d’être anodin, selon lui. Pour des personnes souffrant d’anxiété, de phobie sociale ou d’isolement, «&nbsp;<em>les grandes institutions culturelles peuvent parfois être intimidantes</em>&nbsp;». Et d’insister : «&nbsp;<em>Les petits musées, plus calmes et moins fréquentés, deviennent alors des espaces rassurants.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, les professionnels de santé du département – médecins, infirmiers, psychologues, psychiatres – peuvent demander gratuitement un chéquier de dix prescriptions muséales. Chaque « ordonnance » donne accès à une entrée pour deux personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Des bulles de ressourcement »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le programme s’inscrit dans une approche plus large de “santé intégrative”, qui cherche à compléter les soins classiques par des pratiques favorisant le lien social, l’apaisement ou la reconstruction personnelle, reprend Pierre-Marie Vautier. Mais ce n’est pas de l’art-thérapie où il y a un acte de création. Ici, on parle plutôt de muséothérapie : le fait d’aller au musée comme soutien au mieux-être.</em>&nbsp;» D’autant que le bénéficiaire peut inviter la personne de son choix, remobilisant le lien social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confirmant l’idée que la souffrance psychique ne passe pas uniquement par le soin médical, le département a également ouvert l’expérimentation aux travailleurs sociaux de ses services. Une sortie qu’un professionnel pourra proposer alors qu’il se retrouve parfois le dernier accueillant pour des personnes en rupture de soins. Les retours des premiers bénéficiaires de cette expérimentation montrent d’ailleurs que le musée offre «&nbsp;<em>un temps de pause</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>des bulles de ressourcement, où l’on cesse quelques heures de parler de maladie, de précarité ou d’angoisse&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2026, des cycles d’art-thérapie sont également organisés dans plusieurs musées partenaires, en lien avec des structures de santé mentale ou de protection de l’enfance. L’un des projets en préparation réunira par exemple au Musée d’archéologie nationale des femmes victimes de violences autour d’ateliers de poterie. Une manière de travailler la réappropriation du corps à partir des représentations féminines préhistoriques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chifa MONTASSER</strong>&nbsp;</p>
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		<title>Comment s’initier à la justice restaurative ?</title>
		<link>https://firdis.com/comment-sinitier-a-la-justice-restaurative/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 06:24:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans les ASH le 16/06/2026 Consacrée par la loi du 15 août 2014, la justice réparatrice permet de lutter contre la récidive et aide à la reconstruction des victimes. Sur le terrain, différentes formations rendent compte de la pluralité des pratiques. Forcément, on pense au film de Jeanne Herry au million d’entrées&#160;Je verrai [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans les ASH le 16/06/2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Consacrée par la loi du 15 août 2014, la justice réparatrice permet de lutter contre la récidive et aide à la reconstruction des victimes. Sur le terrain, différentes formations rendent compte de la pluralité des pratiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Forcément, on pense au film de Jeanne Herry au million d’entrées&nbsp;<em>Je verrai toujours vos visages</em>, sorti en 2023. Jugé fidèle à la réalité, il s’ouvre sur cette scène d’une formation à la&nbsp;<a href="https://www.ash.tm.fr/societe/antoine-garapon-la-justice-restaurative-vise-lavenir-969577.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">justice restaurative</a>. Il y a, d’un côté, la victime et, de l’autre, ceux qui endossent le rôle d’animateurs de mesure restaurative. Face à eux, le formateur (incarné par Denis Podalydès) qui, en quelques mots, les invite à changer d’approche relationnelle, à quitter les habits d’avocat, de policier ou de travailleur social : «&nbsp;<em>Ce que vous proposez à ces gens, c’est l’inverse de ce que tout le monde leur a toujours proposé. On ne parle pas à leur place, on ne suggère rien, on n’essaie pas de les transformer. On écoute, on accueille. Inconditionnellement.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reconstruire et responsabiliser</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Instaurée en France par la loi « Taubira » du 15 août 2014, la justice restaurative est définie par le code de procédure pénale comme une « mesure permettant à une victime et à un auteur de participer activement à la résolution des difficultés résultant de l’infraction ». Elle vise la reconstruction de la victime et la responsabilisation de l’auteur. Et plus largement, précise la circulaire du 15 mars 2017, elle entend « restaurer le lien social endommagé par l’infraction ». La justice restaurative trouve ses origines aux États-Unis, dans les années 1970. Des intellectuels et des militants remettent alors en cause la logique, avant tout répressive, de la justice pénale, aux effets limités sur la récidive. La légende veut que la première mesure ait vu le jour dans l’Ontario (Canada), en 1974. Le criminologue américain Howard Zehr a ensuite théorisé les principes de la justice restaurative dans Changing Lenses, publié en 1995.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, la pratique a essaimé au Québec, en Espagne, en Belgique… En France, elle se fraie un chemin. Lentement. Les premières expérimentations ont débuté à la maison d’arrêt de Poissy, en 2010. En dix ans, selon un rapport de&nbsp;<a href="https://lannuaire.service-public.gouv.fr/gouvernement/8cefb8b6-5245-4a74-8c92-247694d01e21" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice (IERDJ)</a>&nbsp;de 2024, 1 000 personnes ont bénéficié d’une mesure. Si la justice restaurative a «&nbsp;<em>des effets globalement positifs sur les participants</em>&nbsp;», explique l’étude, «&nbsp;<em>les dispositifs restent limités</em>&nbsp;», en raison de «&nbsp;<em>l’absence de moyens structurels et d’une politique publique forte&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Espace de dialogue sécurisé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi de 2014 a introduit la justice restaurative non pas comme une pratique alternative au droit pénal – comme pouvaient le penser ses fondateurs –, mais comme un partenaire de l’institution judiciaire. «&nbsp;<em>La loi “Taubira” pose pour principe que les auteurs et victimes ont le droit de demander l’accès à un espace de dialogue sécurisé, confidentiel et gratuit, fondé sur le volontariat, sans aucune contrepartie : l’auteur n’aura pas une réduction de peine parce qu’il accepte de participer</em>&nbsp;», précise Esthelle Randi, responsable de formation à l’Institut français pour la justice restaurative (IFJR).</p>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, les formateurs français s’accordent sur cette vision dite « maximaliste » de la justice restaurative, par opposition à celle des puristes. La plupart d’entre eux proposent un premier module sur les principes fondamentaux : l’histoire, les différentes approches, la posture. Mais si la théorie concorde, les pratiques, elles, sont variées. Et s’appréhendent souvent dans le cadre d’un second module.<br>Citoyens et justice propose un cursus sur l’une des pratiques les plus courantes : la médiation restaurative. Elle consiste à créer un espace de dialogue entre un auteur et une victime de la même affaire. Tous deux seront reçus lors d’entretiens individuels par un tiers indépendant. Et ils pourront, s’ils le souhaitent, se rencontrer pour évoquer les faits commis, toujours en présence de ce tiers. «&nbsp;<em>Le résultat n’est pas tant la rencontre que le processus restauratif. D’où l’importance de l’accompagnement</em>&nbsp;», estime Linda Testouri, psychologue clinicienne, formatrice à Citoyens et justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IFJR, créé en 2013 par le professeur de criminologie Robert Cario, a la particularité de former des acteurs en lien avec la justice. En particulier, les professionnels des administrations judiciaires (éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse par exemple) et pénitentiaire (conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation). «&nbsp;<em>Notre cœur de métier, c’est d’accompagner les professionnels de la justice à développer la justice restaurative sur un territoire donné. Ce qui nécessite de les former à devenir animateurs de mesure,</em>&nbsp;explique Esthelle Randi.&nbsp;<em>Nous intervenons à la demande des services – et non pas des individus –pour former leurs agents et répondre aux besoins du territoire.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Méthode d&rsquo;éducation active</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IFJR a construit ses parcours de formation avec ses partenaires, l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (Enap) et la fédération France Victimes. Une fois les fondamentaux acquis, trois types de modules d’approfondissement sont proposés&nbsp;: en plus de celui sur la médiation restaurative, un second permet de devenir animateur de rencontres détenus-victimes (RDV) ou condamnés-victimes (RCV), et le troisième d’être coordinateur de cercles de soutien et de responsabilité (CSR) et de cercles d’accompagnement et de ressources (CAR). Chacun de ces modules fait l’objet d’une formation de 30 heures. «&nbsp;<em>Elle est fondée sur une méthode d’éducation active, alliant théorie, jeux de rôles pour expérimenter la posture et la rétroaction</em>&nbsp;», souligne Élodie Royer, formatrice à l’IFJR.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les RDV et RCV se distinguent de la médiation en ce que ces mesures placent en dialogue plusieurs auteurs et victimes de la même typologie d’infractions, et non de la même affaire. «&nbsp;<em>Ces rencontres répondent à des protocoles très stricts, explique Élodie Royer, elle-même animatrice de mesure : on mène des entretiens préparatoires individuels, puis on fait se rencontrer chaque membre des groupes auteurs et victimes séparément, avant de tenir cinq séances plénières en présence de deux animateurs de mesure et de deux membres de la communauté.</em>&nbsp;» Ces derniers, citoyens bénévoles, représentent l’intérêt que porte la société civile à la démarche. Ils interviennent dans différents dispositifs, et sont notamment formés par l’IFJR ou par l’Arca, qui anime une plateforme de bénévoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième type de pratique – plus rare : les cercles de soutien et de responsabilité (CSR) et les cercles d’accompagnement et de ressources (CAR). Les premiers s’adressent aux auteurs d’infractions à caractère sexuel. Les seconds aux personnes sortant de détention. «&nbsp;<em>L’objectif, ici, est de les accompagner, grâce à la coordination de plusieurs acteurs, dans le processus de sortie, pour éviter la récidive et les resocialiser</em>&nbsp;», explique Esthelle Randi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conférences restauratives</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2012 par Hélène van Dijk, Question de justice est une association spécialisée dans les conférences restauratives. Cette pratique s’inspire des conférences familiales nées en Nouvelle-Zélande – et inscrite dans une loi de protection de l’enfance en 1989 –, qui postule d’intégrer l’ensemble d’une communauté avant de prendre une décision concernant le mineur. Question de justice envisage ces pratiques hors du cadre pénal. L’organisation de ces conférences restauratives peut ainsi intervenir pour dénouer ou prévenir des tensions dans les quartiers, à l’école, au sein de la famille, voire en milieu carcéral avec les proches d’un condamné. L’association forme, après acquisition des fondamentaux, à devenir coordinateur de conférences restauratives. Ici, toutes les parties concernées par une infraction prennent part au processus, auteurs et victimes mais aussi proches et représentants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de la préparation, elles sont réunies au sein d’un cercle restauratif. «&nbsp;<em>Le coordinateur n’intervient pas, n’influence en rien, mais il pose toujours les mêmes cinq questions pour cadrer la réunion</em>, explique Hélène van Dijk.&nbsp;<em>Contrairement aux autres courants de la justice restaurative, on pense que c’est très rassurant pour toutes les personnes de connaître les questions qui seront posées.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle que soit la pratique, la justice restaurative suscite une réflexion sur la posture qu’apprécient les apprenants. «&nbsp;<em>Se former favorise un langage commun entre des professionnels de la santé, du social, du judiciaire. On n’en est plus à réduire la personne à son acte, mais à parler des répercussions de cet acte, explique Linda Testouri. On fait de la clinique, et cela donne de la crédibilité à des professionnels qui ne sont pas forcément psychologues.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>David PROCHASSON</strong>&nbsp;</p>
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		<title>Équipes autonomes, formation, habitats partagés : la méthode Alenvi</title>
		<link>https://firdis.com/equipes-autonomes-formation-habitats-partages-la-methode-alenvi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Sophie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 08:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité sociale et médico-sociale sélectionnée par FIRDIS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Article paru dans Le Média Social le 12 juin 2026 Créée il y a dix ans par trois trentenaires sortis d&#8217;école de commerce, Alenvi s&#8217;est d&#8217;abord développée dans l&#8217;aide à domicile en s&#8217;appuyant sur des équipes autonomes. L&#8217;entreprise a ensuite investi la formation aux nouveaux modes d&#8217;organisation avant de se lancer, dernièrement, dans la création [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Article paru dans Le Média Social le 12 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créée il y a dix ans par trois trentenaires sortis d&rsquo;école de commerce, Alenvi s&rsquo;est d&rsquo;abord développée dans l&rsquo;aide à domicile en s&rsquo;appuyant sur des équipes autonomes. L&rsquo;entreprise a ensuite investi la formation aux nouveaux modes d&rsquo;organisation avant de se lancer, dernièrement, dans la création d&rsquo;habitats partagés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En ce 26&nbsp;mai caniculaire, Alenvi avait mis les petits plats dans les grands pour célébrer les dix ans de son activité dans l&rsquo;aide à domicile. Alors que le secteur, dans son ensemble ou presque, dit étouffer sous les difficultés, l&rsquo;entreprise fondée par Thibault de Saint-Blancard, Guillaume Desnoës et Clément Saint Olive affiche un bilan plutôt flatteur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce soir-là, entourés de nombreux acteurs du secteur, de l&rsquo;ancien ministre Adrien Taquet et de salariés d&rsquo;Alenvi, les fondateurs ont retracé dix années d&rsquo;initiatives dans l&rsquo;aide à domicile, la formation au changement et l&rsquo;habitat partagé. Avec un même fil conducteur&nbsp;: innover pour travailler et accompagner autrement.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Votre force</em>&nbsp;<em>,&nbsp;</em>a souligné&nbsp;<a href="https://www.lemediasocial.fr/en-quete-de-sens-arnaud-caille-un-directeur-qui-manage-avec-le-coeur_yR4v2t" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Arnaud Caille</a>, directeur d&rsquo;un service d&rsquo;aide à domicile dans le Nord et membre du collectif L&rsquo;Humain d&rsquo;abord,&nbsp;<em>c&rsquo;est que vous commencez par faire avant de prôner.</em>&nbsp;<em>&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Avec Thibault de Saint-Blancard, nous revenons sur dix années d&rsquo;expérimentations, le développement de nouvelles activités et les perspectives d&rsquo;un secteur particulièrement chahuté.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel a été le moteur de la création de votre entreprise&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Thibault de Saint-Blancard</strong>Nous nous sommes connus à HEC et nous avons été touchés par la vulnérabilité de nos proches. Guillaume [Desnoës], par exemple, cherchait une auxiliaire de vie pour sa grand-mère, moi j&rsquo;ai une sœur handicapée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons démarré Alenvi avec huit à dix aides à domicile en obtenant un agrément fin 2015, quelques jours avant la fin de la période pour déposer une demande. Maintenant, nous sommes autorisés dans trois départements, Paris, le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le départ, nous avons organisé notre structure autour des équipes autonomes développées aux Pays-Bas par la méthode&nbsp;Buurtzorg.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux ans après le lancement d&rsquo;Alenvi, vous créez l&rsquo;organisme de formation Compani. Pour quelles raisons&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Notre objectif, depuis le départ, n&rsquo;a pas été de grossir, mais d&rsquo;avoir un impact sur le secteur. Et pour tenir dans un secteur difficile, il faut partager ce projet avec d&rsquo;autres personnes, par exemple avec les 300 membres du collectif L&rsquo;humain d&rsquo;abord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme rapidement de très nombreuses structures se sont déclarées intéressées par ce que faisait Alenvi, nous avons constitué un organisme de formation Compani qui s&rsquo;adresse aux ESMS, principalement aux Ehpad.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et sur quels types de formation&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Compani intervient dans trois grandes directions. D&rsquo;une part, nous proposons aux établissements un accompagnement au changement, en considérant qu&rsquo;une partie des problèmes peuvent se résoudre au sein des structures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autre part, nous faisons de la VAE inversée en formant des professionnels en situation de travail. Enfin, en lien avec France travail, nous proposons une préparation opérationnelle à l&#8217;emploi individuelle (POEI) en direction d&rsquo;environ 2&nbsp;000 personnes qui arrivent dans le secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, nous avons mené près de 1&nbsp;000 actions de formations collectives, en structures, et nous avons accompagné en parallèle 600 faisant fonction vers le métier d&rsquo;aide-soignante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir créé une troisième activité autour de l&rsquo;habitat partagé en 2021&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Les auxiliaires de vie se sont rendu compte que le maintien à domicile n&rsquo;était plus toujours possible, qu&rsquo;il présentait des limites. Donc on a voulu créer un habitat partagé où chacun se sent chez soi, ce qui n&rsquo;est pas souvent possible en Ehpad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois maisons partagées que nous avons ouvertes accueillent entre huit et dix personnes atteintes de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Trois aides à domicile et une coordinatrice sont présents en journée et une personne la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous comptez développer les maisons partagées&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Nous avons souhaité travailler plusieurs années sur le modèle avant de le développer. Deux maisons partagées vont ainsi ouvrir avant la fin de l&rsquo;année et cinq autres devraient le faire en 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les villes où vous vous implantez, notamment dans les Hauts-de-Seine, ne sont pas réputées pour être les plus accessibles. Les maisons partagées sont-elles réservées aux plus aisés&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>C&rsquo;est vrai que notre modèle est assez cher puisqu&rsquo;il faut débourser chaque mois entre 3&nbsp;000 et 3&nbsp;500&nbsp;euros sachant que nous recevons une aide à la vie partagée de 50&nbsp;000&nbsp;à 60&nbsp;000 € qui nous permet de rémunérer la coordination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On aimerait les rendre plus accessibles, mais notre modèle économique ne le permet pas actuellement. De même, le coût du foncier nous interdit, pour l&rsquo;instant, tout projet à Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur quelles bases s&rsquo;organisent ces maisons partagées&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Nous avons défini quatre piliers&nbsp;: vivre chez soi&nbsp;; être accompagné de façon alternative par rapport aux Ehpad&nbsp;; être acteur en privilégiant l&rsquo;implication des habitants et de leurs aidants&nbsp;; compter sur et pour les autres en luttant contre l&rsquo;isolement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces principes nous imposent certaines limites. Par exemple, nous refusons d&rsquo;enfermer les habitants. Dans chaque maison, une réunion mensuelle réunit l&rsquo;ensemble des parties prenantes. L&rsquo;objectif est que chacun se mette à la place de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous vous inscrivez dans l&rsquo;économie sociale et solidaire. Comment cela se traduit-il&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Alenvi emploie une centaine d&rsquo;auxiliaires de vie (plus des personnels administratifs). Nous avons pris le statut d&rsquo;entreprise solidaire d&rsquo;utilité sociale (Esus). Outre le comité social et économique (CSE), nous avons mis en place un comité de gouvernance partagée dans lequel chaque équipe autonome compte un représentant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous rémunérons nos aides à domicile 15&nbsp;% au-dessus du Smic. D&rsquo;ailleurs, nous arrivons à recruter sans trop de mal. Enfin, notre échelle des salaires ne dépasse pas un écart d&rsquo;un à cinq.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le secteur de l&rsquo;aide à domicile traverse une crise profonde. Quel regard portez-vous sur cette situation&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>T. d. S.-B.</strong>Il faut&nbsp;tout de même voir le chemin parcouru dans l&rsquo;accompagnement des personnes vulnérables, par exemple avec les Ehpad. Aujourd&rsquo;hui, le regard a changé avec les enjeux très forts du libre choix et de la participation sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne crois pas qu&rsquo;une loi changera les choses en profondeur. Je crains qu&rsquo;on veuille normer davantage. On s&rsquo;est déjà battu voici deux ou trois ans pour éviter que les habitats partagés aient les mêmes contraintes que les établissements recevant du public (ERP).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment, de nouveaux financements sont nécessaires pour le secteur, mais il est important de sortir d&rsquo;une logique consumériste et d&rsquo;impliquer tout le monde dans l&rsquo;accompagnement des plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Noël BOUTTIER</p>
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