Article publié dans La Média social le 30 janvier 2025
L’association La Petite Sœur invente, à Bordeaux, des espaces de décloisonnement entre les jeunes accompagnés dans le médico-social et d’autres publics. Des projets éphémères ou plus pérennes, comme Barbey Village, implanté au cœur de l’auberge de jeunesse de la ville.
« Ici, on voit ce que l’autre est aujourd’hui, sans étiquette. Des jeunes très différents réussissent à vivre ensemble, et l’équipe a insufflé un côté familial. » Lisa (*), étudiante en 3e année d’éducatrice spécialisée, vit à Barbey Village depuis mai 2024. Elle occupe l’un des neuf studios aménagés au dernier étage de l’auberge de jeunesse de Bordeaux par l’association La Petite Sœur.
Une vie collective
Ici cohabitent des jeunes de 18 à 25 ans, pour 420 € par mois (incluant un repas chaque soir en semaine) sur 12 mois maximum. L’équipe de La Petite Sœur essaie de créer une vie collective entre les locataires. « Nous proposons des activités, et les jeunes participent s’ils en ont envie », résume Sam Hanley, éducateur spécialisé. Lorsqu’un logement se libère, une offre est publiée sur différents canaux : les jeunes participent au choix du nouveau colocataire.
Des stages
Barbey Village est la dernière réalisation en date de la Petite Sœur : un lieu pérenne et hybride, monté dans un objectif de logement, notamment en sortie d’établissement médico-social (trois studios sont réservés à des jeunes dans cette situation), mais aussi d’insertion, via l’organisation de stages rémunérés au bénéfice de jeunes accompagnés par l’organisation cofondatrice, l’Oreag (Orientation et rééducation des enfants et des adolescents de la Gironde).
L’auberge de jeunesse dispose en effet d’une cuisine professionnelle qui n’était jusqu’alors pas utilisée : La Petite Sœur, qui compte deux cuisinières dans son équipe, a pensé une offre de restauration, qui est aussi support d’insertion pour les jeunes.
Une structure souple
« Notre structure est souple : nous pouvons inventer des stages ! Par exemple un jeune n’aimait pas toucher les aliments, mais était intéressé par le service en salle. Un autre a plutôt choisi de faire du ménage… on s’adapte selon nos besoins et leurs envies », assure Sam, l’éducateur, qui organise les stages en fonction des demandes reçues en ligne, faites par des établissements médico-sociaux ou par les jeunes directement.
Un accès à la culture
Barbey Village, c’est un lieu où passent des touristes, logés à l’auberge de jeunesse, mais également des artistes en résidence : ce volet culturel offre également une possibilité de stage en régie.
« Les stagiaires peuvent travailler à la sortie d’une résidence ou assister un artiste dans ses besoins techniques. Ils peuvent aussi faire de la régie bâtimentaire, pour effectuer de l’entretien, de la maintenance », explique Léa Sefsaf, qui gère la coordination, le volet culturel et la communication de La Petite Sœur.
Casser les murs
Casser les murs qui demeurent érigés, bien souvent, entre les jeunes accompagnés dans les établissements et services médico-sociaux et le milieu dit ordinaire, c’est la vocation de cette association née en avril 2021, qui emploie aujourd’hui 9 salariés. Outre Barbey Village, elle porte des dispositifs plus éphémères, baptisés « Rêveries ».
Le concept : investir un espace au sein d’un établissement médico-social, et créer les conditions de son ouverture à un public extérieur, mixte, autour d’un rendez-vous, d’un événement, d’un chantier participatif… Le but : semer en chacun l’envie de faire commun, le souci de l’autre, et un regard ouvert sur la différence…
Marion LEOTOING



