EHPAD Kersalic

À l’Ehpad Kersalic, l’esprit village

Article publié par Le Média Social le 23 janvier 2025

En Bretagne, les habitants de l’Ehpad Kersalic vivent une vie à leur rythme, dans un établissement redessiné en maisonnées à taille humaine, entourés d’un personnel formé pour respecter leur identité et leurs choix.

Ce jour-là, dans la brasserie « Aux papilles et mamies » de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Kersalic, à Guingamp, c’est repas arrosé au Beaujolais nouveau et concert, pour une vingtaine d’habitants, entourés de quelques-uns des professionnels qui les accompagnent. Un moment simple et festif assez caractéristique de cet Ehpad, où vivent 75 personnes âgées.

Un esprit « village »

En plus de ce chaleureux restaurant, les habitants, répartis en quatre villages à taille humaine, bénéficient ici d’un café central installé sous un puits de lumière, d’une boutique, d’un salon de coiffure, et même d’un bureau de poste tenu par une habitante. Sept chats, un chien et une poule animent aussi les lieux.

Cet esprit village a été impulsé, au prix d’une transition pas toujours évidente, par la directrice, Corinne Antoine-Guillaume, arrivée en 2013. À l’époque, l’établissement fonctionne de manière « très sanitaire, très hygiéniste », raconte-t-elle. Avec, à la clé, des situations de maltraitance pour les personnes âgées, mais également de désarroi pour les professionnels les accompagnant.

Un virage

De 2013 à 2016, elle les embarque donc dans une démarche de changement, au moyen d’une réflexion sur le sens de leur métier mais aussi et surtout de jeux de rôles, impliquant notamment des échanges entre métiers auparavant déconnectés. Le virage se fait au prix d’une partie des professionnels, mais la majorité reste.

Dès lors, plus de cadences à respecter, ni de planning des toilettes : les habitants se lèvent et petit-déjeunent quand ils le souhaitent. Les toilettes sont effectuées à toute heure. « Ici, on ne dit pas : à 14h, il va se passer ça. On ne sait pas qui va être levé, qui aura envie d’une douche, qui aura besoin d’aide pour du ménage de sa chambre. On répond aux demandes, c’est du bon sens », résume Maryline Gourdin, aide médico-psychologique.

Être en relation

Marie-Christine Lozach, une autre aide-soignante, confirme que les journées où elle courait « pour enchaîner les actes », les yeux rivés sur la pendule, sont derrière elle. « Maintenant, j’ai le temps d’observer et d’échanger ».

Un état d’esprit qui s’applique pour les « animations ». « Est-ce que des personnes âgées ont vraiment envie et besoin de colorier sans dépasser ? », questionne ainsi le coordinateur de la vie sociale Mickaël Quélen. Le professionnel préfère leur proposer une participation à leur vie quotidienne. « Dans le fond, ici, on ne fait rien que de vivre et d’être en relation », sourit la psychologue Geneviève Guy…

Marion LEOTOING

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