Accueillir les enfants comme à la maison

De jeunes enfants placés accueillis comme à la maison

Article publié par Le Média Sociale le 14 février 2025

À Marseille, la maison des plus petits offre à de jeunes enfants placés par l’aide sociale à l’enfance, porteurs de troubles du comportement, le cadre d’un lieu familial et à taille humaine, et l’accompagnement d’une équipe qui vit pour partie sur place.

« Quand il est arrivé ici, en mai dernier, Stéphane ne parlait pas, gardait sa tétine dans la bouche toute la journée et piquait tous les jours des grosses crises de colère. Même manger était difficile, il pleurait sans cesse, il était en grande souffrance », raconte Marguerite Momper, éducatrice spécialisée et responsable de la Maison des plus petits. « Aujourd’hui, il est beaucoup plus apaisé et peut même aller à l’école deux fois une heure par semaine », se félicite la jeune femme.

Un environnement familial

Stéphane est l’un des six enfants âgés de 3 à 7 ans, tous porteurs de handicap, confiés par l’aide sociale à l’enfance à ce lieu de vie d’accueil (LVA) ouvert à Marseille en 2022. Ses progrès, il les doit à des séances hebdomadaires avec la psychomotricienne, à une visite chez un psychiatre tous les 15 jours, à un traitement adapté… Le tout mis en place dans ce cadre quotidien sécurisant et familial.

La maison des plus petits a en effet été imaginée comme une sorte de famille d’accueil, mais avec 6 enfants plutôt que 3, et pilotée comme un foyer, par des professionnels, afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques des enfants : de pouvoir « faire de la qualité plus que de la quantité », résume Charlotte Jeanteur, actuelle directrice de l’association.

Des progrès importants

Et cela semble marcher. Pour la plupart des enfants présents à la Maison des plus petits en ce moment, l’amélioration est assez impressionnante. « Antoine, par exemple, quand il est arrivé ici il y a huit mois, c’étaient des hurlements constants… Le médecin disait qu’il ne pourrait jamais aller à l’école, raconte la directrice, qui souligne que, pour beaucoup, les troubles sont liés à des traumatismes. Aujourd’hui il est scolarisé, il va de mieux en mieux, et le médecin n’en revient pas ! »

Présence et affection

Atout fort de ce dispositif, la présence permanente de Marguerite Momper, la responsable, ou de son adjointe, également éducatrice spécialisée, Mélody Kiavué. Toutes deux vivent sur place, dans les deux appartements aménagés dans la maison, séparés du rez-de-chaussée où vivent les enfants.

« On alterne les temps d’astreinte, entre Marguerite et moi. Quand ce n’est pas mon tour, je remonte chez moi à 19h, je retrouve mon compagnon, je décroche. Je sais que ma présence auprès des enfants est mon métier, je ne suis pas là pour les sauver », précise Mélody. Qui ne se prive pas pour autant d’offrir aux enfants « des gestes d’affection au quotidien » dont ils ont grand besoin…

Marion LEOTOING

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