Article paru dans Le Média Social le 24 novembre 2025
Près de 150 cadres et dirigeants d’entreprise se sont réunis le 20 novembre au ministère de l’Économie pour les 3e Rencontres de la « Coalition des entreprises mobilisées pour l’enfance protégée », organisées par l’association Im’Pactes. L’occasion de dresser le bilan de cette initiative portée par des fonds venus du secteur marchand.
L’une des solutions à la crise de la protection de l’enfance pourrait-elle venir du secteur privé ? La question se pose à écouter des chefs de grandes entreprises témoigner de leurs engagements en faveur des enfants de l’aide sociale à l’enfance (ASE), ce 20 novembre.
Pour la journée internationale des droits de l’enfant, ils étaient près de 150 réunis au ministère de l’Économie à l’occasion des 3e Rencontres de la « Coalition des entreprises mobilisées pour l’enfance protégée », organisées par l’association Im’Pactes.
C’est donc face à un parterre de cols blancs, et dans ce lieu emblématique des finances du pays, que Céline Gréco, médecin et militante, a dressé le bilan des actions de sa jeune association (créée en 2022) déployées auprès des enfants de l’ASE.
Mises en place essentiellement en Île-de-France, et plus récemment dans les Hauts-de-France, ses initiatives portent sur la santé, la scolarité, l’insertion professionnelle et l’accès à la culture des enfants placés.
50 entreprises partenaires
Depuis 2022, grâce aux dons de plus de 50 entreprises et fondations comme TotalEnergies, Vinci ou L’Oréal, « ce sont plus de 130 maisons d’enfants partenaires qui bénéficient de tutorat scolaire ou d’actions culturelles et 300 adolescents ou jeunes majeurs sont accompagnés vers l’insertion », se félicite-t-elle. 50 bourses d’études annuelles et 60 permis de conduire ont aussi pu être financées.
En outre, Im’Pactes s’apprête à ouvrir officiellement, le 10 décembre, le premier centre d’appui à l’enfance en France entièrement dédié à la santé des enfants de l’ASE. Baptisé Asterya, ce projet qui a nécessité de « lever 8 millions d’euros » est porté par des acteurs publics (AP-HP, État, mairie de Paris, région Île-de-France) et les mécènes de l’association.
D’autres centres de ce type sont déjà en voie de construction, en particulier à Bordeaux, avec l’ambition d’en ouvrir un par région d’ici dix ans. « Nous avons besoin de ces centres régionaux pour faire tous les bilans de santé à l’admission d’un enfant dans le dispositif de protection de l’enfance et ensuite pour mettre en place les parcours de soins », précise Céline Gréco.
Témoignages de dirigeants
Ainsi, en seulement quelques années d’existence, l’association, d’un budget de fonctionnement de 2 millions d’euros, emploie une dizaine de salariés pour piloter tous ces projets. Un bilan que les dirigeants des entreprises partenaires ont largement salué à travers plusieurs tables rondes ce 20 novembre.
Certains ont détaillé les raisons qui les ont poussés à investir dans ces programmes. « On ne peut pas accepter que des enfants dorment à la rue, alors qu’ils ont déjà vécu des traumatismes », a ainsi témoigné Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor, qui a raconté comment il a décidé « d’être un acteur » aux côtés de Céline Greco.
On retiendra aussi le message porté par Amélie Watelet, directrice des ressources humaines chez Axa mettant en avant le « rôle clé » que les entreprises ont « à jouer pour financer l’amorçage des initiatives d’innovations sociales ».
Stages
Ces entreprises partenaires sont aussi plusieurs à accueillir des jeunes adultes accompagnés par l’association Im’Pactes dans le cadre de stages ou de contrats en alternance.
Ce volet de l’action de l’association devrait d’ailleurs s’amplifier avec le lancement, le 2 juillet 2025, de la Charte d’engagement Im’Pactes pour accompagner vers l’emploi les jeunes pris en charge par l’ASE. « Cette charte vise l’ouverture des portes des entreprises aux jeunes de l’aide sociale à l’enfance », détaille Céline Greco.
Enfin, parmi les autres projets de Céline Greco, l’association Im’Pactes organisera, le 24 mars 2026, « le premier concert de la protection de l’enfance » à l’Accor Arena à Paris. L’objectif : « rendre ces enfants visibles aux yeux du grand public ».
Noémie COLOMB



