Accompagner les jeunes dans le logement jusqu'à leurs 25 ans

Logement des jeunes : les associations réclament un accompagnement jusqu’à 25 ans

Article paru dans Le Média Social le 10 septembre 2026

Face aux difficultés d’accès au logement pour les jeunes, cinq organisations formulent dix propositions. Pour les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE), elles réclament notamment la création d’un droit opposable à l’accompagnement jusqu’à 25 ans.

« Étudiants, alternants, jeunes actifs, jeunes parents ou jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance : si leurs situations sont diverses, ils se heurtent tous à une même réalité, celle dʼun accès au logement devenu de plus en plus difficile. »

Pour y remédier, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (Unhaj), l’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (UNCLLAJ), l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo) et l’Union nationale des missions locales (UNML) formulent 10 recommandations.

Publiées le 8 septembre, elles sont regroupées autour de trois axes : développer une offre de logements adaptés, garantir des ressources suffisantes aux jeunes et renforcer les moyens de leur accompagnement.

Près de 10 000 jeunes sans hébergement

« Près de 10 000 jeunes accompagnés par les missions locales sont sans hébergement ou hébergés dans des structures dʼurgence », alertent les associations dans leur communiqué.

Une enquête menée en 2026 par la FAS, auprès de 389 structures de veille sociale (dont les résultats doivent être publiés fin 2026), souligne que 86 % des maraudes et accueils de jour interrogés rencontrent des jeunes de 18 à 25 ans dans leurs activités de repérage, d’orientation et d’accompagnement.

Les organisations ajoutent que le sans-abrisme « touche en priorité les jeunes déjà vulnérabilisés dans leur enfance », rappelant que selon l’Insee, « un quart  des personnes sans domicile âgées de 18 à 25 ans » sont dʼanciens enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Un droit à l’accompagnement jusqu’à 25 ans

Face à ce constat, les associations appellent notamment à sécuriser les parcours des jeunes sortant de l’ASE en garantissant une continuité de l’accompagnement jusqu’à leur « inclusion pleine et entière dans la société ».

Elles défendent ainsi, dans la lignée du collectif Cause Majeur !, la création d’un « droit opposable à l’accompagnement jeune majeur jusqu’à 25 ans » pour tous les jeunes, quelle que soit leur situation administrative. Pour rappel, depuis la loi « Taquet » du 7 février 2022, l’accompagnement des jeunes sortant de l’ASE peut notamment porter sur le logement jusqu’à 21 ans, mais sa mise en œuvre reste marquée par des disparités territoriales.

Autre revendication : sécuriser le modèle économique des structures d’accueil, d’information et d’accompagnement des jeunes, ainsi que le financement de la gestion locative sociale en résidences sociales et des projets socio-éducatifs des résidences habitat jeunes.

Des réponses spécifiques en santé mentale

Par ailleurs, les organisations demandent davantage de petits logements sociaux accessibles (PLAI) et de logements spécifiquement destinés aux jeunes, ainsi qu’une hausse du nombre de places d’hébergement d’urgence et d’insertion.

Elles insistent aussi sur les besoins de certains jeunes notamment ceux confrontés à des troubles de santé mentale, pour lesquels elles préconisent le développement de réponses adaptées telles que le dispositif « Un chez-soi d’abord ».

Enfin, elles réclament l’augmentation de l’allocation versée dans le cadre du contrat d’engagement jeune (CEJ) en y ajoutant un forfait logement et la stabilisation des aides au logement pour les moins de 25 ans.

Marine DERQUENNE

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