Fiche d’expérience publiée sur le site de l’UNCCAS le 30 avril 2026
La Résidence Autonomie hors les murs (RAHLM) repose sur un principe simple : aller vers les personnes les plus isolées, plutôt que d’attendre qu’elles sollicitent les services. En s’appuyant sur des résidents volontaires et un réseau de partenaires, elle permet de recréer du lien social, de repérer des situations de fragilité souvent invisibles et de proposer un accompagnement adapté, au plus près des besoins.
Le contexte
La mise en place de cette action s’appuie sur plusieurs constats convergents. Le vieillissement de la population s’accompagne d’une progression des situations d’isolement, en particulier chez les personnes âgées vivant à domicile, souvent peu en lien avec les services existants.
Sur le terrain, les partenaires du CCAS observent des difficultés d’accès aux services sociaux, paramédicaux et médicaux pour des publics vulnérables, parfois éloignés des dispositifs de droit commun ou peu enclins à les solliciter.
Ces constats mettent en évidence la nécessité de renforcer les démarches d’“aller vers”, afin de recréer du lien social, repérer plus précocement les fragilités et prévenir les ruptures de parcours et la perte d’autonomie.
Description
Publics cibles
- Personnes âgées isolées vivant à domicile.
- Personnes en situation de vulnérabilité, quel que soit leur âge, repérées sur le territoire de Sauzé-entre-Bois.
Principaux objectifs
- Aller vers les personnes vulnérables repérées sur le territoire.
- Rompre l’isolement et recréer du lien social.
- Proposer un accompagnement adapté, en mobilisant si nécessaire des réponses sociales, paramédicales ou médicales.
Fonctionnement de l’action
- Repérage et identification des publics
Mené par le CCAS et ses partenaires (services sociaux, professionnels de santé, élus, entourage). Cette étape comprend la prise de contact et l’évaluation des besoins. Durée : en continu. - Mobilisation des résidents volontaires
Les résidents de la structure participent à l’action sur la base du volontariat. Durée : ponctuelle. - Organisation des interventions “hors les murs”
L’animatrice planifie les visites à domicile, les rencontres et les activités, et en assure le suivi via un outil dédié. Durée : actions régulières (hebdomadaires ou mensuelles). - Accompagnement des bénéficiaires
En fonction des besoins, un accompagnement social, paramédical ou médical est proposé, en lien avec les partenaires (DAC-PTA, plateforme de répit, etc.). Durée : variable selon les situations. - Suivi et évaluation
Un suivi régulier permet d’ajuster les interventions et de mesurer l’évolution des situations. Durée : bilans réguliers (trimestriels ou annuels).
Moyens alloués
- Moyens humains : équipe du CCAS, animatrice, partenaires mobilisés.
- Moyens matériels : minibus et solutions de transport solidaire.
- Financement : soutien du FRAHM et subvention du Département des Deux-Sèvres (5.000 € en 2025 versés au CCAS).
- Autres : ateliers proposés avec l’appui des partenaires.
Partenaires de l’action
Partenaires opérationnels et leur implication
L’action repose sur un réseau d’acteurs mobilisés autour du CCAS :
- Les services sociaux (CCAS, services départementaux, élus, entourage de proximité) participent au repérage des situations, à l’orientation des publics et à la mise en lien,
- Les services d’aide et de soins à domicile (SAAD, SSIAD) ainsi que les professionnels de santé libéraux contribuent à l’évaluation des besoins et à l’accompagnement des bénéficiaires,
- Les associations locales (SIEL Bleu, CIF-SP, etc.) interviennent dans l’animation d’actions collectives et le renforcement du lien social.
Pilotage et coordination
L’animatrice assure le pilotage global du dispositif : coordination des partenaires, organisation des interventions et suivi des situations, en lien étroit avec le CCAS.
Des temps de coordination réguliers (réunions formelles et échanges informels) permettent d’ajuster les actions, de partager les informations et de garantir la continuité de l’accompagnement.
Partenaires financiers
Le Département des Deux-Sèvres soutient financièrement l’action en 2025.
Outils de communication
- Communication de proximité
L’action repose principalement sur le relais des professionnels et partenaires (services sociaux, santé, élus), qui informent directement les publics concernés et facilitent le repérage. - Supports d’information
Des flyers, affiches et une plaquette de présentation sont diffusés dans les lieux partenaires (CCAS, mairies, centres sociaux, cabinets médicaux, pharmacies). - Mobilisation interne
Des réunions d’information au sein de la résidence permettent de présenter l’action et de recruter des résidents volontaires. - Relais numériques
Le site internet, les réseaux sociaux ou les newsletters des partenaires peuvent être mobilisés en complément pour élargir la diffusion. - Valorisation de l’action
Des bilans et retours d’expérience sont diffusés pour rendre visibles les résultats et renforcer l’adhésion des partenaires et du territoire.
Outils d’évaluation
Des indicateurs de suivi sont définis en amont pour mesurer l’activité et l’impact du dispositif :
- nombre de personnes rencontrées,
- nombre de visites réalisées,
- niveau d’engagement des résidents volontaires,
- nature des accompagnements mis en place (social, paramédical, médical),
- évolution des situations des bénéficiaires.
Ces éléments permettent d’ajuster les modalités d’intervention et d’évaluer l’impact de l’action dans le temps.
Bilan
Éléments quantitatifs et qualitatifs
L’action a permis d’installer un rythme régulier de visites et de rencontres auprès des personnes identifiées, avec une montée en charge progressive du nombre de bénéficiaires accompagnés.
Sur le plan qualitatif, les retours de terrain font état d’un renforcement du lien social et d’une diminution du sentiment d’isolement chez certaines personnes suivies. L’implication des résidents volontaires constitue également un levier intéressant, à la fois pour les bénéficiaires et pour les participants eux-mêmes.
Cependant, ces résultats restent hétérogènes selon les situations et reposent encore fortement sur la dynamique locale et l’implication des acteurs.
Impact de l’action au regard des objectifs initiaux
L’action répond globalement aux objectifs fixés, notamment en matière d’“aller vers” et de recréation de lien social.
En revanche, l’intensité de l’accompagnement et la régularité des interventions varient selon les ressources disponibles et la mobilisation des partenaires. L’impact reste donc dépendant de l’organisation locale et de la capacité à maintenir un niveau d’engagement dans la durée.
Difficultés rencontrées et solutions apportées
Plusieurs limites ont été identifiées :
- Une mobilisation irrégulière des résidents volontaires, liée à leur disponibilité et à leur propre situation,
- Des difficultés de repérage des publics les plus isolés, en particulier en début de dispositif,
- Une coordination parfois complexe entre les partenaires,
- Une disponibilité limitée de certains professionnels de santé.
- Pour y répondre, des ajustements ont été mis en place :
- Renforcement du réseau partenarial pour améliorer le repérage,
- Mise en place de temps de coordination plus réguliers,
- Adaptation du rythme et des modalités d’intervention.
- Ces réponses ont permis d’améliorer le fonctionnement, sans pour autant lever totalement les fragilités du dispositif.
Perspectives d’évolution
Plusieurs pistes d’évolution sont identifiées :
- Elargir le public accompagné et développer des actions collectives en complément des visites individuelles,
- Structurer davantage le réseau partenarial pour sécuriser le repérage et l’orientation,
- Consolider l’engagement des résidents volontaires dans la durée,
- Mieux outiller le suivi et la coordination.
À ce stade, l’enjeu principal reste la capacité à stabiliser le modèle d’intervention et à réduire sa dépendance à l’implication individuelle des acteurs.
Observations
Conseils pour l’essaimage
Potentiel de transfert de l’action
L’action est transférable sur d’autres territoires confrontés à des problématiques d’isolement et de non-recours, à condition de réunir certaines conditions.
Son principe – aller vers des publics vulnérables en s’appuyant sur un réseau local et sur des volontaires – est reproductible. En revanche, sa mise en œuvre reste fortement dépendante du contexte local, notamment de la structuration du partenariat et des ressources humaines disponibles.
Principaux atouts du montage de l’action
- Une logique d' »aller vers » qui permet de toucher des publics éloignés des dispositifs,
- L’implication de résidents volontaires, qui renforce la dimension de proximité et de solidarité,
- Un réseau partenarial mobilisé, facilitant l’identification des besoins et l’orientation,
- Une organisation souple, permettant d’adapter les interventions aux situations rencontrées.
Principales difficultés rencontrées
- Une mobilisation inégale des partenaires, en particulier des professionnels de santé,
- Un repérage des publics isolés long et parfois incertain,
- Un engagement des volontaires qui peut fluctuer dans le temps,
- Une coordination exigeante entre des acteurs aux logiques et contraintes différentes.
Points de vigilance pour un autre territoire
- Identifier un pilotage clair et dédié : sans coordination forte, l’action se fragilise rapidement,
- Structurer le partenariat en amont, notamment avec les acteurs du soin,
- Anticiper le temps nécessaire au repérage et à l’installation de la relation de confiance,
- Encadrer et accompagner les volontaires pour éviter l’essoufflement,
- Adapter le dispositif aux réalités locales (densité du territoire, offre de services, publics).
Retour d’expérience
« Cette action permet de recréer du lien là où l’isolement devient trop important. Aller vers les personnes, plutôt que d’attendre qu’elles viennent à nous, change profondément la manière d’accompagner les publics vulnérables. Sans ce type d’initiative, certaines personnes ne seraient plus du tout en contact avec l’extérieur. L’action permet aussi de repérer des situations de fragilité plus tôt. », Sandra Bineau, cheffe du dispositif RAHLM



