La maison des marraines

La Maison des marraines, un tremplin pour de jeunes femmes précaires

Article paru dans Le Média Social le 22 mai 2025

Héberger des jeunes filles en situation de précarité, tout en mobilisant un réseau d’acteurs professionnels ainsi que des parrains ou marraines bénévoles pour les aider à reprendre pied : c’est la recette de la Maison des marraines, dispositif qui fait l’objet de notre reportage long format de la semaine.

Deux lits, deux bureaux, deux armoires, deux lavabos et des peluches bien disposées sur une petite étagère. Prévue pour deux, la chambre d’Aïssatou (*) n’accueille qu’elle pour le moment. La jeune femme de 19 ans, mise à la porte par son père, est installée depuis décembre 2024 dans cette petite résidence de l’Afpa, à Champs-sur-Marne, qui loge par ailleurs des stagiaires de l’organisme de formation.

« Poursuivre leur projet »

C’est à la mission locale qu’elle a entendu parler de la Maison des marraines. Ce dispositif a été lancé en 2019 par l’association Impala Avenir, en partenariat avec l’Afpa, avec pour objectif de répondre spécifiquement à la problématique des jeunes femmes précaires de 18 à 25 ans, pour lesquelles il existe peu de solutions adaptées.

« Elles se retrouvent sans toit, sans aide du jour au lendemain, même si elles sont en parcours de formation, au lycée etc. On veut leur permettre de poursuivre leur projet », explique Crama Trouillot Du Boÿs, présidente d’Impala Avenir.

Un écosystème

Pour cela, la Maison des marraines de Champs-sur-Marne propose aux jeunes filles, au-delà d’un toit (et d’un trousseau comprenant quelques fournitures essentielles), un accompagnement via tout un écosystème d’acteurs (missions locales, France Travail, écoles de la seconde chance…), coordonné par Fadoumo Abdirisak, responsable territoriale Île-de-France et sud du dispositif, et Ludmilla Malezieu, animatrice socio-éducative sur la résidence Afpa.

Des ateliers

Outre ce soutien dans leurs démarches administratives, de recherche d’emploi, de formation, de logement…, les jeunes filles bénéficient régulièrement d’ateliers au sein de la résidence ou à l’extérieur, autour du graffiti, du sport, de l’estime de soi ou de jeux de société. « Ces moments de partage favorisent les échanges. Ça nous permet de découvrir les jeunes autrement », souligne Fadoumo Abdirisak.

La durée moyenne d’hébergement était de six mois au lancement du projet, elle est plutôt autour de huit mois aujourd’hui avec la crise du logement. Cela dit, « elles prennent assez vite leur envol », estime la responsable.

Une marraine ou un parrain

Dans ce chemin vers l’autonomie, elles ont un coup de pouce supplémentaire, qui a inspiré le nom du projet : la possibilité d’être accompagnées de façon informelle par une marraine ou, depuis peu, par un parrain.

C’est le cas d’Aïssatou, qui évoque son parrain, Jean-Christophe, dans un grand sourire. « Il me conseille, sinon je suis seule dans mes décisions. Quand ça ne va pas, quand j’ai un doute, je l’appelle », confie-t-elle. Cette approche complète l’action plus formelle et administrative de l’équipe. « C’est rassurant de savoir qu’elles ont des personnes de confiance à qui parler », observe ainsi la responsable territoriale.

(*) Le prénom a été modifié

Marion LEOTOING

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