Article paru dans Le Média Social le 26 juin 2025
Dans un avis rendu public le 26 juin, le conseil scientifique de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) analyse le soutien apporté aux proches aidants. Il plaide pour une politique plus anticipatrice et souligne l’opportunité que représente le service public départemental de l’autonomie (SPDA).
En France, près de 9,3 millions de personnes (dont 500 000 mineures) soutiennent au quotidien un proche en situation de handicap ou en perte d’autonomie.
Ces aidants « jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement » des personnes vulnérables et leur maintien à domicile. Pourtant, leur engagement n’est pas reconnu ni suffisamment soutenu. C’est ce qui ressort de l’avis rendu le 26 juin par le conseil scientifique* de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Cet avis, qui s’inscrit dans le cadre de la convention d’objectif et de gestion (COG) 2022-2026 entre l’État et la CNSA, pointe « des droits et une offre hétérogènes, à géométrie variable et ne couvrant pas l’ensemble de leurs besoins ».
Renforcer le soutien aux aidants
Dès lors, « l’enjeu du renforcement de leur soutien est essentiel, d’autant plus qu’à l’avenir la pression sur les proches aidants pourrait s’accroître », insiste le conseil scientifique de la CNSA. Un enjeu « à mettre en perspective avec ceux liés à la transformation de l’offre médico-sociale ainsi que les évolutions démographiques et sociologiques ».
Il plaide pour une « politique rénovée des aidants, qui anticipe et prévienne plus efficacement les risques de fardeau excessif. »
Le SPDA comme une « opportunité »
Un des leviers identifiés par le conseil scientifique de la CNSA est le déploiement du service public départemental de l’autonomie (SPDA). Celui-ci est présenté comme une « opportunité majeure » pour « permettre une réponse plus satisfaisante, dans les territoires, aux exigences de repérage et d’évaluation des besoins à des fins d’orientation et d’accompagnement des proches aidants ».
Former les professionnels
Il souligne en outre « la nécessité de renforcer la formation de l’ensemble des professionnels du médico-social et du sanitaire (y compris les médecins traitants) aux problématiques et aux particularités de la position d’aidant, tout en favorisant la prise en compte et la reconnaissance des savoirs expérientiels des proches aidants ».
L’offre de répit « à évaluer et faire évoluer »
Par ailleurs, le conseil scientifique juge l’offre de répit « essentielle » mais ne répondant pas « à l’ensemble des besoins ». L’usage même du terme « répit » est interrogé : il « peut conduire à homogénéiser des besoins hétérogènes, avec le risque de proposer des solutions inadaptées aux besoins réels », peut-on lire dans l’avis.
« Partant des besoins réels, les solutions apportées et à apporter aux aidants doivent être envisagées en considérant l’ensemble de l’offre médico-sociale et sanitaire et en tenant compte des situations et parcours d’aide des personnes aidées », ajoute le conseil scientifique.
L’avis préconise aussi de « prolonger la diversification de l’offre dans un sens qui soit favorable aux aspirations des aidants et des aidés, et notamment en complétant l’offre de répit à domicile. » Le déploiement de certaines expérimentations telles que les équipes mobiles de soutien aux aidants, le relayage ou encore la médiation organisationnelle, « serait à considérer sur la base d’évaluations qui intègrent à la fois les effets et risques pour les aidants, les aidés mais aussi les professionnels. »
* Composé de 23 membres (personnalités qualifiées, universitaires, chercheurs…), l e conseil scientifique a vocation à éclairer le Conseil et la direction générale de la CNSA, notamment par la production d’avis.
Marine DERQUENNE



