Article paru dans Le Média Social le 19 mars 2025
Le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso) avance 12 propositions pour accompagner les personnes handicapées vieillissantes. Elles concernent les Ehpad, les Esat ou la formation des professionnels et nécessitent « un financement national dédié ».
« L’heure est venue de reconnaître pleinement les enjeux que représente le vieillissement des personnes en situation de handicap et d’engager des mesures adaptées pour répondre à leurs besoins tout au long de leur parcours de vie », avance le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso) dans un document « de positionnement » visant à interpeller les pouvoirs publics sur « la nécessité impérieuse d’évolutions politiques et réglementaires » concernant l’accompagnement des personnes handicapées vieillissantes (PHV).
Pour cela, il présente 12 propositions afin de garantir « des parcours de vie fluides et respectueux [de leurs besoins] ».
Repérage
Parmi elles, il plaide pour « améliorer le repérage » de ce public en confiant aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) la mission d’évaluer les besoins médico-sociaux des PHV dès 50 ans, « en partenariat avec les établissements et services médico-sociaux (ESMS) et les familles ».
Cette évaluation porterait aussi sur les aidants et permettrait ainsi d’entrer « en contact avec les parents et/ou les aidants de la PHV concernée pour éviter qu’il y ait une rupture d’accompagnement de ces personnes par leurs proches ».
Esat
Le Gepso rappelle que la fin de l’activité professionnelle est une étape critique pour les travailleurs d’établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat) et peut devenir « source de rupture de parcours ». Pour l’éviter, il propose que les Esat s’investissent dans la préparation de la fin d’activité des travailleurs, « en incluant un accompagnement individualisé ».
En outre, des dispositifs spécifiques devront être mis en place pour « assurer une transition progressive des personnes accompagnées vers leur nouveau statut de PHV », grâce à « des liens renforcés entre Esat et structures médico-sociales ».
Ehpad
Plusieurs propositions concernent plus spécifiquement les Ehpad. L’une d’elles suggère une réforme devant permettre de « lever les barrières financières et structurelles » qui freinent « un accueil équitable des PHV en Ehpad ».
Elle invite notamment à revoir le fonctionnement du groupe iso-ressources (GIR) et du groupe moyen pondéré (GMP) qui permettent d’évaluer le niveau de dépendance des résidents d’Ehpad.
En effet, ces indicateurs ne tiennent pas compte de la dépendance psychique et entraînent « un manque à gagner financier important pour les structures, les dissuadant d’accueillir ces profils ».
D’autres pistes visent à instaurer une procédure dérogatoire permettant aux PHV de moins de 60 ans d’accéder facilement au GIR et donc à l’APA.
Enfin, le Gepso propose de financer le recrutement de personnels éducatifs dans ces structures afin d’ « enrichir les activités proposées ».
Rapprocher les professionnels
Pour faciliter la coopération entre les secteurs du handicap et du grand âge, « un effort d’interconnaissance » apparaît « indispensable », avance aussi le Gepso.
Ainsi, instaurer « une confiance mutuelle » pourrait se faire via des journées d’immersion croisée, des formations conjointes et la création d’espaces d’échanges réguliers (conférences, ateliers collaboratifs…).
Par ailleurs, considérant que les formations initiales et continues des auxiliaires de vie sociale, des aides-soignants et des éducateurs spécialisés abordent insuffisamment le vieillissement des personnes handicapées, le groupe défend l’intégration de l’accompagnement de ce public dans les cursus.
Financement
Conscient que toutes ces mesures sont coûteuses, le Gepso appelle à « créer un financement national dédié à l’accompagnement des PHV » dans le cadre de la branche Autonomie.
Ces budgets seraient alloués « de manière ciblée dans les CPOM [contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens] des structures permettant le développement de modalités d’accompagnement adaptées et la couverture des surcoûts liés aux besoins spécifiques des PHV ».
Noémie COLOMB



