Article paru dans Le Média Social le 6 octobre 2026
Le ministère de la Santé lance un appel à candidatures national pour labelliser neuf sites « Handibloc ». Ce dispositif s’adresse aux personnes en situation de handicap complexe dont les soins ne peuvent être réalisés que sous anesthésie générale. Il permet à plusieurs professionnels d’intervenir au cours d’une même phase opératoire, réduisant ainsi le nombre de venues des patients.
Afin de favoriser l’accès aux soins des personnes en situation de handicap complexe, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées veut déployer le dispositif « Handibloc ».
Conçu par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest, il vise les patients pour lesquels les soins ou examens peuvent être réalisés uniquement sous anesthésie générale. Ce dispositif permet de réaliser, en une fois, plusieurs soins médicaux, chirurgicaux, diagnostiques ou thérapeutiques. Objectif : limiter le nombre de venues des patients handicapés et améliorer leur prise en charge.
La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) lance, selon des modalités précisées par une instruction du 30 septembre 2026, un appel à candidatures national pour labelliser neuf sites pilotes Handibloc en 2026. Elle définit par ailleurs les grandes lignes de cette prise en charge.
Situation de handicap complexe
Ce dispositif a ainsi vocation à s’adresser aux enfants et aux adultes en situation de handicap complexe pour lesquels des actes de diagnostic et de soins « ne sont envisageables que sous anesthésie générale compte tenu de leur(s) handicap(s) et/ou des troubles associés ». Il est « particulièrement » adapté aux patients présentant un trouble du comportement associé à leur handicap, souligne la DGOS.
Autre critère d’éligibilité : les niveaux de prise en charge 1 (soins de droit commun en ville et à l’hôpital) et 2 (soins dédiés de premier recours, comme les consultations dédiées) ne doivent pas être suffisants ou pertinents « pour répondre aux besoins du patient dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité ».
Les personnes accompagnées par des établissements et services médico-sociaux (ESMS) peuvent être orientées vers ce dispositif par la structure, si elles réunissent ces conditions.
Soins réalisés
A minima, le dispositif Handibloc doit proposer des « soins dentaires conservateurs relevant du champ de l’odontologie ».
Il est également attendu, selon ce que permet le plateau technique de l’établissement de soins porteur, la mobilisation d’une offre de gynécologie, de dermatologie et d’ophtalmologie, ainsi que des actions de dépistage et de prévention (notamment des cancers) et des actes techniques, comme les prélèvements sanguins ou des actes d’imagerie.
Préparation de la prise en charge
La prise en charge par un dispositif Handibloc doit se préparer minutieusement, afin « d’optimiser le nombre d’actes pouvant être réalisés au cours d’une même anesthésie, ainsi que le nombre de venues du patient au sein de l’établissement ».
Ainsi, précise la DGOS, « il est nécessaire de réaliser un bilan de santé somatique du patient, en complément de l’évaluation du/des besoins en soins à effectuer sous anesthésie générale ». Des « visites d’habituation » peuvent également avoir lieu.
En outre, les professionnels des différentes spécialités amenés à intervenir au cours du même temps d’anesthésie générale doivent se coordonner.
Locaux adaptés
Sur place, le dispositif Handibloc doit disposer d’une équipe pluridisciplinaire compétente dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap complexe.
En outre, les locaux doivent être adaptés aux spécificités du public accueilli : salles de consultation « confortables, bien isolées notamment phoniquement, avec des peintures neutres (sans couleurs vives), un éclairage adaptable, et situées dans un endroit calme », salle de réveil adaptée, matériel d’apaisement, etc.
Des outils de communication alternative et améliorée (CAA) doivent également être disponibles, « en complément des outils de communication propres à la personne ».
Financement
Le financement des dispositifs Handiblocs repose sur un modèle mixte associant la facturation de l’activité selon les règles de droit commun et le versement d’une dotation, fixée à 2 040 € par patient.
Des travaux sont en cours pour trouver un modèle de financement permettant de mieux valoriser cette activité.
Dépôt des candidatures
Les établissements de santé candidats pour porter un dispositif Handibloc doivent déposer leur dossier via le site « demarche.numerique.gouv.fr » avant le 20 novembre 2026. Le comité de sélection, qui doit choisir neuf sites, se tiendra le 15 décembre.
La DGOS prévoit déjà l’extension de ce dispositif, « la cible actuelle étant d’un Handibloc par région, soit 18 au total ». Le bilan de la phase pilote doit permettre « d’ajuster » cet objectif de déploiement.
Virginie FLEURY



