Article publié dans Le Média social le 19 décembre 2024
Cette semaine, notre reportage long format nous mène à la rencontre de Sophie Genty et Jonathan Denon, tous deux éducateurs spécialisés, qui ont uni leur expertise des jeunes en situation complexe pour ouvrir et diriger une maison d’enfants à caractère social (Mecs) alternative, accueillant une douzaine de jeunes âgés de 13 à 21 ans.
Acteiis, c’est une maison d’enfants à caractère social (Mecs) multisites : quatre jeunes de 13 à 18 ans vivent à Danvez, pavillon situé dans un lotissement de Plouagat, avec une équipe de professionnels. Idem pour deux autres jeunes de 14 à 18 ans, dans un appartement à Saint-Brieuc. Enfin, six studios individuels, répartis sur le département, abritent des jeunes âgés de 16 à 21 ans, en semi-autonomie.
Deux éducateurs
C’est aussi une structure alternative, portée par un statut de société coopérative et participative (Scop), dédiée à des jeunes en situation « complexe » comme on dit, qui ne trouvent pas leur place dans les autres institutions. C’est enfin et surtout un projet porté par deux éducateurs spécialisés, passés par l’institution classique puis devenus indépendants.
Sophie Genty et Jonathan Denon ont créé Acteiis – pour « ACtion Thérapeutique et Éducative par l’Intervention et l’Innovation Sociale », en 2023, après une première expérience de dispositif d’accueil éphémère, en réponse à une demande du département des Côtes-d’Armor autour de ces jeunes aux problématiques multiples.
Mixer les profils
Acteiis accueille douze jeunes à la fois. « Une de nos clés, c’est d’héberger dans de petits collectifs, explique Jonathan Denon. Cela rend la vie plus facile car les jeunes ont du mal à vivre en collectivité et certains ont des comportements violents liés à leurs troubles ». Certains sont scolarisés en milieu ordinaire, d’autres ont des obligations judiciaires de soins, des suivis en protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), des visites médiatisées avec leurs parents.
Sophie Genty explique qu’ils mixent les profils « pour que la normalisation apportée par ceux qui n’ont pas de troubles apaise les symptômes des autres ». Et que, même si Acteiis travaille avec des veilleurs de nuit, les plannings des professionnels sont pensés pour qu’il y ait toujours une continuité d’équipe, « pour que les jeunes aient un repère ».
Participation et transparence
Parmi les leviers de mobilisation, le statut de Scop permet à l’équipe d’Acteiis de trouver l’énergie pour mener ces accompagnements délicats. Dans la Scop, les salariés ont du pouvoir de décision, sont force de proposition. Un éducateur sportif peut proposer et organiser un séjour de rupture pour un jeune. Une accompagnante éducative et sociale qui a une idée pour améliorer les plannings de travail s’en charge.
« Il y a beaucoup de transparence et de confiance au sein de l’équipe », observe la comptable Audrey Collard. Le management participatif aide les seize professionnels, venus et de métiers et d’horizons très différents, à trouver une envie commune…
Marion LEOTOING



