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Handicap : comment développer la participation des bénéficiaires de l’emploi accompagné ?

Article publié dans Le Média Social le 2 décembre 2024

Après avoir mené une expérimentation auprès de structures d’emploi accompagné du Grand Est, l’Agence nationale des solidarités actives (Ansa) présente les impacts positifs d’actions visant à faire participer les personnes handicapées à l’amélioration du dispositif. Deux guides sont disponibles pour « essaimer » cette initiative.

Partir du vécu des bénéficiaires pour améliorer le dispositif d’emploi accompagné. C’est le pari de l’Agence nationale des solidarités actives (Ansa) qui a mené, en 2022 et 2023 dans le Grand Est, avec plusieurs partenaires (Agefiph, FIPHFP, ARS Grand Est), un projet visant à développer la participation au sein des structures d’emploi accompagné.

Groupes locaux

En pratique, onze groupes locaux composés de personnes accompagnées et de professionnels ont été constitués, ainsi qu’un groupe régional rassemblant des représentants de ces deux publics et de ceux de plusieurs institutions (ARS, Dreets, Agefiph).

Pendant 18 mois, « nous nous sommes retrouvés tous les quinze jours pour échanger, lors de moments conviviaux autour des situations professionnelles des uns et des autres », a expliqué une professionnelle qui a animé l’un des groupes locaux, lors d’un webinaire de restitution de la démarche le 26 novembre.

Ces ateliers ont ainsi permis de renforcer le « lien social » et d’instaurer une forme de « pair-aidance » entre les bénéficiaires du dispositif.

Améliorer le dispositif

C’est dans ce cadre que les personnes ont aussi réfléchi collectivement à la façon dont le dispositif d’emploi accompagné pouvait être amélioré. Avec des résultats concrets : « Certains groupes ont été à l’origine d’outils de communication visant à mieux faire connaître le dispositif auprès des bénéficiaires potentiels et des partenaires », détaille l’Ansa dans son rapport d’évaluation de l’expérimentation.

D’autres ont proposé la mise en place de nouvelles modalités d’accompagnement, comme des visites d’entreprise ou la rencontre avec les anciens bénéficiaires. Un jeu pour travailler le code de la route ou des supports ludiques pour s’exprimer lors des entretiens ont aussi été élaborés.

Ateliers collectifs

Dans de nombreux territoires, les groupes ont été l’occasion de mettre en place des ateliers collectifs pour développer les compétences psychosociales (gestion du stress, confiance en soi…) ou de recherche d’emploi (création d’un profil LinkedIn, entretien d’embauche…). Ces réunions sont ainsi devenues « un levier pour l’accompagnement des parcours des bénéficiaires », indique l’Ansa.

En outre, les rencontres « ont donné l’occasion aux participants (…) d’acquérir de nombreuses compétences valorisables dans le cadre de leurs parcours professionnels », poursuit l’agence.

Enrichir les pratiques professionnelles

Le projet a aussi permis aux professionnels impliqués d’enrichir leur pratique. Au-delà de l’acquisition de compétences d’animation des démarches participatives, « ils ont développé une meilleure connaissance des bénéficiaires » afin de leur proposer « un accompagnement plus global », indique l’Ansa.

Recommandations

De cette expérimentation, une vingtaine de recommandations issues des réunions du groupe régional ont été résumées par l’Ansa dans son rappport. L’agence suggère ainsi de poursuivre l’animation des groupes locaux au-delà de l’expérimentation et d’inscrire leur mise en place dans les projets de service des associations. Elle invite aussi à « outiller les nouveaux professionnels » pour animer ces groupes.

Elle plaide enfin pour aller encore plus loin en envisageant la participation des personnes accompagnées à la gouvernance associative. L’expérimentation a en effet permis « d’interroger notre modèle de gouvernance », a ainsi souligné François Gillet, directeur général de l’association Sinclair, lors du webinaire. « Notre défi » est maintenant « d’inscrire cette participation dans la culture associative », a-t-il conclu.

Deux guides pour « essaimer » les actions de participation

À l’issue de cette expérimentation, l’Ansa propose deux guides. Le premier s’adresse aux structures accompagnant des personnes handicapées et plus particulièrement celles qui les conduisent vers l’emploi en milieu ordinaire. Il propose des éléments pratiques de création de groupes locaux de participation.

Le second détaille une méthode pour organiser et animer des actions de participation avec des personnes handicapées sur un territoire. Il présente les conditions nécessaires pour développer un groupe local et un réseau de participation au niveau régional rassemblant un ensemble de structures locales.

Noémie COLOMB

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