Publié sur le site de l’UNCCAS le 15 octobre 2025
Présentées comme une alternative à l’organisation hiérarchique traditionnelle, les équipes locales et autonomes permettraient d’améliorer la qualité de vie au travail des professionnels, d’offrir un accompagnement plus personnalisé et de réduire les coûts de fonctionnement des services d’aide à domicile. Face à l’intérêt croissant pour ce modèle, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a conduit plusieurs travaux d’évaluation afin d’en mesurer les effets et d’en identifier les conditions de réussite.
Quatre piliers d’une organisation plus agile
Les expérimentations menées reposent sur la constitution de petites équipes (entre six et dix aides à domicile) fondées sur quatre principes clés :
- une gouvernance moins hiérarchique : les responsables de secteur deviennent des animateurs ou « coachs », déléguant certaines tâches de planification au profit d’une gestion collective des accompagnements,
- un collectif de travail renforcé : des temps d’échanges réguliers (jusqu’à deux heures par semaine) favorisent la cohésion, le partage d’expériences et la mutualisation des compétences, notamment pour les agents sans lieu de travail fixe,
- un usage accru du numérique : la coordination est facilitée par des outils partagés (smartphones, messageries, applications de planification),
- des responsabilités élargies : les professionnels bénéficient d’une plus grande autonomie dans la gestion des accompagnements et la relation aux usagers.
Des effets positifs constatés
Les premiers résultats mettent en évidence plusieurs impacts favorables :
- une personnalisation accrue des accompagnements grâce à une meilleure connaissance des besoins des bénéficiaires,
- une meilleure coordination interne et externe des services, limitant les ruptures d’information,
- un sentiment de reconnaissance renforcé pour les professionnels,
- une prévention des risques professionnels facilitée par le travail collectif et les échanges de pratiques.
Des leviers pour aller plus loin
Pour consolider et généraliser le modèle des équipes locales et autonomes, la CNSA préconise :
- la création de temps dédiés à la vie d’équipe,
- le renforcement des compétences par la formation continue,
- un accompagnement au changement et des outils de pilotage adaptés,
- un soutien financier des structures souhaitant expérimenter ou pérenniser cette organisation.
Les travaux de la CNSA confirment l’intérêt du modèle des équipes locales et autonomes : il favorise la qualité du service rendu tout en améliorant les conditions de travail. Sa diffusion à plus large échelle suppose toutefois un appui institutionnel et financier, ainsi qu’un accompagnement soutenu des services dans leur transformation.
Par Elodie BACOUP



