Le travail social doit-il faire sa révolution ?

Le travail social doit-il faire sa révolution ?

J’ai rejoint le secteur et médico-social comme on répond à un appel. A cette époque, tout le monde trouvait normal qu’il y ait des quartiers de relégation, dits « difficiles », et des établissements dédiés aux personnes en situation de handicap en rase campagne.

J’ai quitté l’intervention de terrain quand la gestion a pris le pas sur l’humain, quand l’administration policière s’est mêlée de la prise en charge des plus « paumés », enfin, quand les enjeux politiques et les egos de certains dirigeants insufflaient les orientations à donner aux jeunes accompagnés et aux familles.

Il me fallait me retirer de ce système pour mieux le voir et le comprendre.

Depuis, le secteur va de mal en pis, les restrictions budgétaires contraignants toujours plus les travailleurs dispensés par les travailleurs sociaux. Le travail social et médico-social est sommé de faire des économies (!), alors que parallèlement, les la société va de plus en plus mal et que les personnes arrivent de plus en plus « cabossées ».

Le dévoiement des accompagnements a été patent lorsqu’il a été demandé aux intervenants sociaux de faire entrer les personnes dans les cases de dispositifs que l’État avait mis en place pour elles (sans elles), faisant fi des situations singulières et des parcours. Dans ces conditions d’exercice, répondre aux besoins des personnes (à commencer par le temps de la reconstruction) devenait une gageure, et l’innovation, un luxe ! Le travail ne fait plus rêver, et les travailleurs sociaux sont trop souvent relégués à des rôles d’exécutants des politiques sociales plutôt que créateur de lien et de sens.

Certes, le secteur doit se réformer…. mais avec la société entière. Ce sont à des décennies entières de relégation et d’enfermement auxquelles le travail social, d’accompagnement et de pédagogie doit s’atteler. Autrement dit, une révolution culturelle de fond ! Mais, ne nous y trompons pas, le milieu ordinaire et le droit commun (c’est-à-dire la majorité silencieuse) sont peut-être plus enclins à accueillir les plus fragiles et les plus vulnérables qu’il n’ y paraît.

Révolution dis-je ?

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